Incantation_de_patriarche-couverture
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François Picard, L’Incantation du patriarche Pu’an 普庵祖師神咒 Les avatars du syllabaire sanskrit dans la musique chinoise

Leuven, Peeters, Institut Belge des Hautes Études Chinoises, « Mélanges Chinois et Bouddhiques », volume 31, 2012.
Ouvrage publié avec le soutien de la Société française d'ethnomusicologie.

«L'Incantation de Pu'an» compte parmi les rares pièces de musique à faire partie aujourd'hui de répertoires aussi différents que ceux des moines, des paysans, de ménétriers, des lettrés, des notables, des professionnels des conservatoires et du concert. Elle trouve sa source dans une incantation bouddhique dont la plus ancienne version connue, malgré son attribution à Pu'an, maître de méditation du XIIe siècle, figure, paroles et musique, dans un recueil pour cithare de 1592, avant même sa publication dans un livre bouddhique en 1600. Elle s'est transmise inchangée dans les temples, avec peu de transformations dans les répertoires paraliturgiques, alors que les versions actuelles pour cithare, sans paroles, sont devenues totalement méconnaissables, malgré une transmission notée sans interruption. Elle a été intégrée en tant que musique instrumentale aux répertoires des suites jouées à la cour impériale des Qing et se retrouve dans tous les recueils majeurs marquant l'émergence au XIXe siècle d'un répertoire pour cordes, base du répertoire des professionnels contemporains. Après ce long détour, elle a été réintégrée dans le répertoire pseudo-bouddhique des ensembles des maisons de thé de la région de Shanghai.

Son texte, qui n'apparaît que dans un contexte liturgique ou paraliturgique, consiste en une série d'invocations suivies d'un envoi dédié à Pu'an encadrant une sorte de formule magique dérivée, par un long chemin, du syllabaire sanskrit sous sa forme siddham.

Cette étude inédite combine approche du bouddhisme chinois, en particulier l'adaption de la notion indienne de son sacré, et ethnomusicologie; elle met en valeur les relations entre genres réputés séparés (campagne et ville, temples, cour et théâtre) en les examinant dans la perspective d'une anthropologie religieuse.

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