Les 2-5 juillet 2015, Musée du quai Branly

Il s’agit de la première rencontre scientifique de ces deux institutions (et la première rencontre annuelle du BFE en dehors du Royaume Uni) Nous avons choisi de discuter du thème

Traversées et/ou maintien des frontières

Ce thème recouvre plusieurs espaces de réflexions et de questionnements encore en friche. De nos jours, pour les ethnomusicologues, la notion de « frontières » évoque une myriade de lignes concrètes, poreuses ou imaginées, tantôt remises en cause, traversées ou bien dissoutes. D’une part, les frontières suggèrent des délimitations nationales, légales et politiques – incluant les différences linguistiques et culturelles – qui, il fut un temps, dominèrent largement nos notions de Soi et de l’Autre. D’autre part, ces lignes évoquent la dualité abstraite qui forgea la musicologie comparative et les prémisses de l’ethnomusicologie, établissant des séries d’oppositions telles qu’occidental/non-occidental, passé/présent, sacré/profane, rural/urbain, traditionnel/moderne, oral/écrit ou encore féminin/masculin.

À travers le thème englobant de « frontières », nous appelons à des propositions de communication dans l'un des sous-thèmes suivants :

 

1) La musique qui traverse les frontières

En premier lieu, ce colloque explorera les façons dont la musique traverse les frontières ou en est empêchée : comment pratiques, répertoires, instruments, idées et musiciens eux-mêmes évoluent à travers différents contextes ou comment ils en sont au contraire exclus.

2) Les limites de la tradition en musique

Un autre terrain d’investigation privilégié sera celui de tradition musicale. L’idée même de tradition suggère l’établissement de frontières et la possibilité de se placer « en dedans » ou « en dehors » de celles-ci. Ce qui considéré extérieur à une tradition donnée ne lui est bien entendu pas nécessairement étranger, puisque cela constitue souvent le contexte auquel la tradition fait écho et par rapport auquel elle se pose comme distincte. Ainsi, des éléments extérieurs à une tradition y sont souvent volontiers intégrés.

Ce thème donne également l’occasion de s’interroger sur l’impact de la communication accélérée et de la circulation globalisée sur la musique; sur la façon dont les traditions se défendent dans ce contexte; et sur les moyens qu’elles mettent ou non en œuvre pour gérer ces nouveaux possibles. Dans le même temps, le présent colloque sera l’occasion d’examiner comment


les traditions ont toujours fonctionné avec des éléments internes et externes et comment, dans bien des occasions, leurs frontières ont été sujettes à négociations.

3) Traverser les catégories

Le thème de la transversalité versus celui du maintien des frontières permettra d’aborder les délimitations idéologiques. Il s’agit des catégories existant au sein des pratiques musicales que nous étudions et de celles que, en qualité de chercheurs, nous avons défini en délimitant les contours de ces pratiques, souvent en terme d’oppositions binaires (sacré/profane, urbain/rural, etc.). Comment ces catégories sont-elles définies et remises en question ? Qu’est-ce qui transcende les limites et qu’est-ce qui y reste confiné ? Plus encore, y a-t-il des moments particuliers où ces frontières acquièrent une signification accrue ou, au contraire, perdent de leur importance ?

4) Territoires intellectuels

Enfin, dernier point mais non des moindres, le thème de la transversalité ou du maintien des frontières nous donne également l’occasion de discuter des particularités inhérentes aux traditions françaises et britanniques de l’ethnomusicologie. Nous pouvons alors nous demander si, à l’instar des traditions musicales, les traditions des écoles de pensées contiennent, elles aussi, des éléments internes et externes, ont leurs emprunts et leurs barrières. Le colloque ne sera pas seulement le lieu où les frontières académiques seront à la fois traversées et délimitées, mais aussi celui où les dynamiques de ce travail « à la frontière » feront l’objet d’un examen critique et réflexif.

Comité scientifique commun :

Susanne Fürniss et Fabrice Contri (SFE), Amanda Villepastour et Byron Dueck (BFE).

 

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