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Concerts, conférences, soutenances de thèses...

AFF Musiques gnawa en diaspora HDImp

AFF Musiques gnawa en diaspora HDImp

Musiques gnawa en diaspora

Musée des civilisations Saint-Just-Saint-Rambert

Place Madeleine-Rousseau 42170 Saint-Just-Saint-Rambert

Vendredi 1er mars 2019

Le Musée des Civilisations de St Just St Rambert et l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne s’unissent une nouvelle fois dans ce projet de journée d’études et d’échanges autour de la musique gnawa.

Descendants d’esclaves subsahariens emmenés au Maroc, les Gnawa ont développé des pratiques rituelles musicales et dansées mêlant animisme, islam et cultes populaires. Leurs instruments de musique, ancrés dans la tradition de lutherie d’Afrique subsaharienne, accompagnent leurs chants en arabe, hausa, peul et bambara qui louent les ancêtres, le Prophète, les Saints Musulmans et les esprits. Leurs pratiques spirituelles syncrétiques mettent ainsi en évidence la relation deux régions du monde, souvent séparées et isolées dans les représentations.

Des travaux récents ont montré que les musiciens Gnawa s’installent désormais dans des pays européens (Pouchelon 2014 ; Sechehaye 2015), et se constituent en communautés actives dans des villes telles que Bruxelles, Paris, Barcelone, Londres… Cette seconde migration des Gnawa soulève de nouvelles questions transversales quant aux liens qui unissent ces trois territoires (Afrique subsaharienne, Maroc, Europe).

Dans cette journée, nous souhaitons mettre en évidence les échanges et relations entre les territoires des Gnawa (qu’ils soient imaginaires, idéalisés, physiques ou virtuels) au travers de la découverte de leurs pratiques musicales. Cette réflexion propose des pistes pour l’approche des instruments de musique des collections, qui ont circulé d’une région à l’autre, voire d’un continent à l’autre, et ont pris d’autres formes et significations au cours de leur voyage.

10h-12h : Ateliers découverte

Visite des collections du musée

Les instruments des Gnawa, un voyage d’Afrique subsaharienne au Maroc

Initiation Rythmes et musiques Gnawa

13h : Journée d’études
13h30 Hélène Sechehaye (Université Libre de Bruxelles & Université Jean Monnet de Saint-Étienne) 

Gnawa maroxellois et ǧōla, un nouveau type d’initiation ?

La mobilité est considérée comme essentielle dans la symbolique gnawie : d’une part, par le discours omniprésent autour de la migration originelle ayant amené les ancêtres esclaves sub-sahariens au Maroc. D’autre part, le concept ǧōla renvoie au « voyage » presque initiatique qui permet de rencontrer des musiciens, se forger sa propre expérience artistique, et mener un rituel à son terme. Par ailleurs, la faculté d’un musicien à jongler entre différents répertoires musicaux régionaux – témoignant du fait qu’il en ait fréquenté les grands représentants – est considérée comme une marque de prestige.

Les pratiques musicales gnawa sont audibles à Bruxelles depuis une vingtaine d’années et englobent un vaste champ de performances : cérémonies rituelles gnawa, événements festifs communautaires, concerts pour des évènements locaux ou sur des scènes internationales, parades… Le choix non contraint de certains Gnawa de rester à Bruxelles plutôt qu’au Maroc, tout en y exerçant une activité musicale transnationale soutenue, démontre qu’ils peuvent envisager de vivre leur tagnawit même sans volet thérapeutique.

Les logiques de mobilité transnationales qu’ils déploient sont-elles envisagées comme une forme de continuité de la ǧōla ? S’inscrivent-elles dans les processus plus récents de mobilité professionnelle du marché de la world music ? À l’inverse, l’activité des musiciens sans-papiers dans l’impossibilité temporaire de voyager est-elle marquée par cette immobilité ? Alors que le monde virtuel contemporain estompe les frontières et offre une « illusion de simultanéité des vécus », en même temps qu’un durcissement des politiques migratoires et la difficulté de voyager, quelle place la ǧōla occupe-t-elle parmi les musiciens Gnawa contemporains ?

 
14h Ilaria Sartori & Gianni Ginesi (Esola Superior de música de Catalunya, Barcelone)
Gnawa de Barcelone : premières pistes de réflexion

La présence de musiciens gnawa à Barcelone date de plus de deux décennies et, bien que moins nombreuses en comparaison avec d’autres grandes villes européennes, leurs performances sont depuis longtemps bien intégrées dans la scène musicale de la ville.

Dans les années 90, l’idée de métissage commence à se renforcer à travers des projets collaboratifs, et l’intérêt croissant pour les musiques traditionnelles encourage ses représentants à en faire une plus large diffusion. On peut constater deux courants principaux chez les Gnawas de Barcelone : l’un plus orienté vers la conservation de la pratique musicale et des rituels traditionnels dans le pays d’accueil ; l’autre, souvent représenté par des musiciens plus jeunes et de culture mixte, approche la performance musicale d’une perspective plutôt esthétique et n’hésite à expérimenter des nouveaux instruments et métissages stylistiques.

Bien que la présence de la musique gnawa à Barcelone soit étendue dans le temps et intégrée tant dans le réseau social des artistes que chez le public, les études locales sont limitées à quelques travaux spontanés, mémoires d’étudiants, et recherches faites par les musiciens et personnes qui appartiennent au contexte gnawa.

Dans cette intervention, nous exposons l’état actuel des études sur les Gnawas à Barcelone et présentons les résultats de notre premier terrain de recherche.

 

15h Stefano Portelli, University of Leicester

Spirits of Displacement and Diaspora: the Gnawa in the city

Despite what is often believed, spirit possession is an eminently urban and modern phenomenon, which emerges and gains momentum in contexts of displacement, forced relocation, and mass migration. By reconnecting painful and potentially marginalizing experiences to more powerful forms of “otherness”, rituals which involve spirits give the opportunity to dispersed individuals or disintegrated communities to recreate networks of solidarity and horizons of meaning.

The Moroccan Gnawa is no exception: its origins in the sub-Saharian slave trade is an archetype of collective placemaking, for displaced communities and individuals relocated in new unfriendly urban contexts. But how does this ritual reproduce in the new cities or neighborhoods where the Gnawa are relocated today? My hypothesis is that while the ritual device still holds its function in Morocco, i.e. among communities dispersed by slum clearance and forced displacement, its original function is today even more active in the Moroccan diaspora in Europe.

I will present examples from Rome, Barcelona, and Casablanca, which illustrate the different reactions of the Gnawa to spatial shifts and transformations. As I will show, the two processes of diaspora to Southern Europe, and of urban displacement in Moroccan cities, mirror each other and interact: new ways of participating to the rituals, as well as new attempts to unsettle its basic values, travel from one side of the border to the other, just as musicians, songs, and maybe spirits themselves. 

 

15h30 Meriem Alaoui Btarny, Université Nice Sophia Antipolis (LIRCES)

Des Gnawa traditionnels aux Gnawa postmodernes, l’identité à l’épreuve du pluralisme

Du rituel à la cour, de la cour au concert et du concert à la scène patrimoniale, les musiques gnawa sont souvent décrites comme un marqueur, parmi d’autres, de l’identité du groupe. Cette identité collective est une représentation qui subit des changements et produit à son tour des ajustements considérables en fonction de ses espaces de circulation. Ces déplacements sinueux/tortueux ouvrent la voie à des processus d’évaluation et de requalification de la musique gnawa qui redéfinissent à la fois l’objet (la musique) et le sujet (le public) en fonction des dispositifs invoqués. Bien évidemment, ces transformations ne sont pas immuables, car de nouvelles instances sont sans cesse invoquées pour redéfinir les rapports des musiciens gnawa à de nouveaux ensembles de réception et de consommation culturelles.

En France, les sonorités gnawa ont depuis longtemps émergé au sein d’univers musicaux variés, s’adaptant à ces nouveaux contextes ; les musiques gnawa sont traversées par des processus de redéfinition de leur valeur sociale. Cependant ce déplacement des points de références s’accompagne d’une production parallèle de discours sur les origines qui permettent de relocaliser ces sonorités dans des espaces réels ou symboliques. Sans se fixer sur un seul territoire ou invoquer une appartenance univoque, la musique gnawa en adoptant amplement les modèles dominants qui lui permettent d’être une musique amplifiée participe à transposer et à ordonner un nouvel espace en commun. Dans ces nouveaux espaces de diffusion les fins thérapeutiques de la musique gnawa sont réaménager pour guérir de nouveaux maux, sortis de leur contexte rituel les litanies sont réécrites pour s’adresser à d’autres réalités politiques et sociales.

Comment alors dire le quotidien de ses musiciens et leurs rituels, les passions collectives qu’ils intègrent et le retour de Dionysos dans des sociétés où l’apollinien est souverain ? L’approche anthropologique tente d’éclairer la manière dont nos sociétés contemporaines s’efforcent de concilier ces deux impératifs. Il conviendra donc de s’intéresser à travers les recompositions de ces musiques aux processus de production de nouvelles formes d’imaginaires identitaires qui sont générateurs de nouveaux sentiments d’appartenance.

16h30 Projection du film Tagnawittude suivie d’une discussion avec la réalisactrice Rahma Benhamou el Madani

Tagnawittude, Plein Cadres, 2011, 79’, réalisé par Rahma Benhamou el Madani

« Quand j’étais petite fille je voyais régulièrement ma mère pratiquer la transe. Elle entrait lentement dans cette attitude extrême jusqu’à oublier le monde extérieur et ses limites. Des années passèrent. Un jour, lorsque je travaillais dans une radio locale, je reconnus ces sons dans un disque que je reçus. Il s’agissait d’un groupe qui portait le nom de Gnawa Diffusion. J’ai d’abord été attirée par le nom. La musique était un mélange, une fusion entre la musique Gnawa et des musiques modernes et occidentales. Les paroles étaient engagées. Amazigh Kateb et Aziz Maysour du groupe Gnawa Diffusion me donnent des réponses à cette image qui me hante, celle de ma mère prise par la transe en France. Et je dénoue cette image, ce mystère en allant vers les Gnawa du Maroc et d’Algérie… »

Rahma est née en 1966 à Aïn Kihal en Algérie. Elle quitte ce pays à l'âge de six ans avec sa famille, pour aller vivre dans la région de Bordeaux. Elle y suit des études de communication et sciences du langage et parallèlement, elle effectue des reportages documentaires et des animations à la radio : Clé des ondes, Radio C (Waziers), Echo FM Anor… Elle a écrit et réalisé des films documentaires et fictions portant sur les thèmes de la femme au travail, l'immigration mais aussi la musique.

 

20h30 Concert du groupe Gnawa Black Koyo

Avec Hicham Bilali (guembri, chant) ; Achraf Abantor (qraqeb, chant) et Ayoub Boufous (qraqeb, chant)

Son profond et percussif du guembri, tintement métallique des qraqeb, chants repris à l’unisson dans une langue mythique... La musique gnawa est une porte d’entrée à un univers mystique, étrange, dans lequel nous sommes emportés par les ostinatos lancinants des mélodies. Hicham Bilali et ses Black Koyo nous font découvrir cette pratique ancestrale, qui leur a été transmise par leurs pères, à travers des morceaux choisis du répertoire rituel de la lila (“nuit” en dialecte marocain).

Black Koyo est un groupe de musique gnawa basé à Bruxelles. Black décrit la couleur de leur peau et le métissage de leur musique, et koyo signifie « joueur de qraqeb » (crotales) en langue gnawa. Ses membres, à la fois chanteurs, danseurs et musiciens, vous transportent dans leur univers musical rythmé et envoûtant.

Informations : hsecheha@ulb.ac.be

Evénement gratuit. Réservation obligatoire pour le concert à musee@stjust-strambert.com

Avec le soutien du Musée des Civilisations de Saint-Just-Saint-Rambert, la Commune de Saint-Just-Saint-Rambert, du CIEREC (UJM), de l’École Doctorale 3LA (UJM), de la Faculté Arts, Lettres et Langues (UJM), de la Société Française d’Ethnomusicologie et de la FAME.

Comité scientifique : Anne Damon-Guillot (UJM) et Hélène Sechehaye (UJM-ULB).

Organisation : Anne Damon-Guillot, Hélène Sechehaye et le Musée des Civilisations.

Affiche

Affiche

Musiques en exil

De la Syrie au Venezuela, de l’Europe à l’Afrique du Sud, le festival brosse un large panorama géographique et culturel, à travers des concerts et des moments de parole, à l’image de la diversité des débats que soulève la migration.

Plus d'informations : http://www.adem-geneve.com/fr/musiques-en-exil

"Musiques en exil" souhaite célébrer le pays des origines et celui de l’accueil. Questionner musicalement l’exil, c’est faire entendre d’autres voix, appréhender une richesse culturelle que les conflits de notre monde contemporain, la peur de l’inconnu, tendent à masquer ou à étouffer.

Au-delà des blessures, l’exil peut se révéler fécond et surgir comme un nouveau territoire que la musique vient habiter. Chacun des musiciens invités par les ADEM pour ce festival a dessiné ses pistes de réponse. Autant d’histoires de vie à partir desquelles les artistes ont su façonner leurs propres réalités et renouveler une identité.

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PROGRAMME

MERCREDI 27 février, MEG, 18h30 / 20h30
Voies du Rébétiko, film documentaire
Diaspora du Rebetiko, Amerika

JEUDI 28 février, Alhambra - 20h30
Double concert, Chemins d'Orient
- Entre Irak et Syrie, Chants de la Jazira
- Le chant libre de l'Iran, Manushan

VENDREDI 1er mars, Alhambra, 20h30
Double concert, Venezuela pluriel
- Quinteto Acústico Venezolano
- Venezuelan Roots

SAMEDI 2 mars, Alhambra

16h30-17h30, Spectacle jeune public, suivi d'un apéro-sirop
L'Odyssée d'un esclave musicien, The Emidy project

20h30 - Double spectacle
Tribute to Mandela
- Mabeleng Moholo (multiples instruments)
- Diwele Lubi (danse)

MERCREDI 6 mars, Centre des arts, École internationale de Genève - 20h30
Ensemble Kaboul, inspirations afghanes

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INFORMATIONS PRATIQUES

Plein tarif/Tarif réduit*/Carte 20 ans/20 francs

MEG : 20.- ; 15.- ; 12.-
Alhambra : 25.- ; 18.- ; 15.-
Centre des arts : 25.- ; 18.- ; 15.- (tarif spécial ONU 21.-)

Tarifs Spectacle Jeune Public
14.- adulte
8.- enfant
5.- carte 20 ans/20 francs

Film documentaire : tarif unique de 5 CHF

Abonnements
60.- Plein tarif
45.- Tarif réduit*

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L'orgue rend-il fou ? Construction sociale et symbolique de l'identité muscienne des organistes en France, Marie Balthazar (LISST-CAS

C’est en m’appuyant sur l’élaboration endogène d’une figure type de l’organiste raté – « l’organoïde » – telle qu’elle est construite et véhiculée par les organistes eux-mêmes, que j’aborderai la question de leur devenir musicien. Cette figure négative, en stigmatisant celui qui, se trompant de chemin, n’a pas réussi à devenir un musicien accompli, permet de saisir, en creux, les ressorts d’un apprentissage réussi. Elle signale aussi les dangers que l’orgue fait courir à celui qui en a choisi la voie, nous mettant sur la piste d’une dimension initiatique propre à l’apprentissage de l’orgue et de la musique par les organistes.

Le séminaire du CREM (Centre de recherche en ethnomusicologie) a lieu deux lundis par mois, de 14h à 16h. Les chercheurs (doctorants compris) membres du CREM ou invités de passage y présentent leurs travaux en cours. Les présentations durent 50 minutes, et sont suivies d’une pause café et d’une heure de discussion.

Occasionnellement, le séminaire prend la forme d’un atelier rassemblant plusieurs chercheurs autour d’un thème commun. Il dure alors un après-midi ou bien une journée complète.

La participation au séminaire est ouverte à tous. Il fait par ailleurs partie du cursus des Master d’ethnomusicologie des universités Paris Nanterre et Paris 8 Saint-Denis.

Lundi 11 Mars 2019 14:00 - 16:00

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