Les puits chantants d'Arabie orientale: la pratique du Zamat au Sultanat d'Oman

Séminaire du CREM avec Maho Sebiane

Lundi 12 juin, de 14h à 16h à la MAE (Université Paris Nanterre), salle 308

Dans la plaine côtière semi-désertique du nord du Sultanat d’Oman, l’apport en eau douce dépend essentiellement des ressources aquifères superficielles. Pour l’activité agricole, ce précieux liquide était extrait mécaniquement à partir de puits creusés au sein des palmeraies et au moyen d’une charpente, haute de plusieurs mètres, à laquelle était fixée une poulie en bois. 
Depuis le milieu du XXe siècle, le puisage s’est motorisé, mais les anciennes structures en bois demeurent. Leur conservation de nos jours participe d’une pratique qualifiée de « musicale » nommée Zamat par ses adeptes. Ces derniers réalisent une mélodie en jouant sur le frottement de la poulie autour de son support en bois.
Organisés en deux camps opposés et respectant un code moral strict qui les unit, ces adeptes de tous âges et de toutes conditions se réunissent régulièrement de nuit dans les palmeraies pour se livrer à un affrontement symbolique en présence d’un public déchainé. Cette lutte dénommée al-Qatla [la tuerie] oppose deux équipes. À l’aube, après une nuit d’engagement musical et sonore intense, les vainqueurs auront démontré à tous leur grande maitrise à produire collectivement une mélodie parfaite et un son de poulie grave et fort. De leur côté, les vaincus résignés préparent déjà leur revanche pour la prochaine rencontre.
Cette intervention s’appuie sur un terrain d’enquête préliminaire effectué au cours de l’hiver 2017. Elle propose de présenter les premiers éléments de compréhension de cette pratique singulière et unique dans cette région de la péninsule Arabique.

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