Musiciens, opérateurs culturels et anthropologues :
recherches, dialogues et engagements dans la cité contemporaine

Marta AMICO, maîtresse de conférences à l'Université Rennes 2 (Centre Georg-Simmel)
Denis LABORDE, directeur d'études à l'EHESS, directeur de recherche au CNRS (Centre Georg-Simmel)
Julie OLEKSIAK, doctorante à l'EHESS (Centre Georg-Simmel)
Rémi BOIVIN (doctorant à l’EHESS), Claire CLOUET (post-doctorante au Centre Georg-Simmel)
Edouard DEGAY-DELPEUCH (doctorant à l'EHESS),
Sandrine LE COZ (doctorante à l’EHESS),
Frédéric TROTTIER (doctorant à l'EHESS),
Arihana VILLAMIL (doctorante à l’Université de Nice).
       Dans ce séminaire, nous interrogeons différentes situations d'anthropologie musicale appliquée en convoquant un panel diversifié d’acteurs dont, en première ligne, des opérateurs culturels et des anthropologues de la musique. Nous souhaitons ainsi instaurer dans l'université un dialogue entre ces protagonistes qui fabriquent aujourd’hui des mondes musicaux communs. Il s’agit, grâce à cette démarche transversale et interdisciplinaire, de valoriser le caractère heuristique de ces expériences conjointes, tout en évaluant les engagements et les clivages qu’elles produisent. A travers l’appréhension de cas les plus divers, la place de l’anthropologue est discutée tant au regard de la distanciation nécessaire à la conservation d’une perspective analytique que face à l’apport de la recherche dans les mondes professionnels de la musique, et plus largement au sein de la société civile. Les considérations éthiques sont donc au centre de notre réflexion sur la position de l’anthropologue « embarqué ». Comment penser les situations liminaires des chercheurs-artistes, des chercheurs-militants ? Celles de ceux qui font tourner des artistes, ont des activités dans des labels commerciaux ou donnent des conférences dans des festivals étudiés par leurs collègues ? Comment s’articule, dès lors, l’enjeu de la caution intellectuelle garantie par l’anthropologue investi et celui de la reconnaissance de pratiques-et de ceux qui les véhiculent-dans l’arène de la compétition artistique ? Quelle place pour la recherche dans les institutions culturelles qui se consacrent à la création, l’éducation, la diffusion de la musique? Au fil des séances, nous inviterons des binômes de chercheurs et d’acteurs culturels à élargir la discussion à des supports inédits au sein des sciences humaines et socia les (films, blogs) et s’inscrivant dans des dispositifs hétérogènes (musées, projets d’éducation, concerts).
Programme
 
12 novembre : Introduction
 
10 décembre : Filmer. Ce que l'audiovisuel permet à la restitution ethnographique
Monika STERN (chargée de recherche CNRS/CREDO),
Eric WITTERSHEIM (maitre de conférences EHESS/IRIS)
 
Yves Winkin définit l’ethnographie comme un art de voir, un art d'être et un art d'écrire (1996 : 139). La restitution du travail de l'ethnographe se résumerait alors à sa forme écrite, parfois difficilement partageable avec ses interlocuteurs du terrain. Pour ouvrir le débat sur les relations entre modes de diffusion et modes de production du savoir en anthropologie, nous invitons dans cette séance un duo d'ethnographes-réalisateurs de documentaires et (web)documentaires. A l'heure de l'image et des nouvelles technologies, comment l'ethnographe se situe-t-il dans les formes d'écriture audiovisuelles?
 
14 janvier : Régimes d’engagement dans les musiques du monde
Ariane ZEVACO (chercheuse associée CETOBaC-EHESS/CREM-LESC),
Jean-Michel LUCAS (activiste des droits culturels, ancien maître de conférences à l’université de Rennes 2)
 
A l’origine de cette séance, un désir d’en savoir plus sur le positionnement de chercheurs qui s’investissent activement dans la vie culturelle et politique. Programmatrice, tourneuse, anthropologue ou défenseur des droits culturels, ces deux intervenants discuteront de multiples formes d’engagement vouées à transformer le monde par les musiques du monde. L’idée d’une relation à l’Autre que l’on associe couramment à ces musiques est souvent plus complexe qu’il n’y paraît.
 
11 février : Éduquer, enquêter pour transformer la société
Gilles DELEBARRE (directeur adjoint Dept. Education Philharmonie de Paris, délégué au projet Démos-Dispositif d’Education Musicale et Orchestrale à Vocation Sociale),
Pascal HAAG (maîtresse de conférences EHESS, coordinatrice Lab School Network)
 
Dans cette séance nous explorerons deux programmes d’éducation expérimentaux qui offrent des espaces de
collaboration entre chercheurs, éducateurs, musiciens ou travailleurs sociaux. Nous souhaitons ainsi discuter des liens
possibles entre innovation pédagogique et engagement citoyen, et interroger les rôles que peut jouer la recherche scientifique dans la structuration, l’implémentation ou l’évaluation des pratiques éducatives.

11 mars : Artistes et chercheurs

Jaime SALAZAR (doctorant EHESS, Centre Georg Simmel, concepteur du groupe musical Pixvae),

Christophe APPRILL (chercheur, membre associé au Centre Norbert Elias et à l’URMIS)

 

8 avril : Thèse-livre-disque-blog : écrire l’histoire du Rap

Karim HAMMOU (chargé de recherches CNRS) et Tiburce MAVOUNGOUD (producteur de rap et écrivain)

Karim Hammou et Tiburce Mavoungoud font partie de ceux qui fabriquent des histoires du rap. Leur parcours, leurs enquêtes, leurs livres, articles et blogs, leurs activités de production musicale, révèlent l’importance des écrits pour la reconnaissance de ce genre musical en France. A partir de leurs diverses contributions, nous interrogerons avec eux leur engagement et leur rôle dans la structuration du monde du rap en France.

 

13 mai : Rassembler, archiver, et après ? La deuxième vie des collections

Madeleine LECLAIR (conservatrice, musique et des Archives internationales de musique populaire département d’ethnomusicologie, Musée d’Ethnographie de Genève), confirmer

Certains anthropologues de la musique et de la danse sont eux-mêmes musiciens ou danseurs, voire l'ont été avant de faire de la recherche. Cette séance s'intéressera à la manière dont leurs pratiques de recherches artistiques et scientifiques s'articulent. En présence de Jaime Salazar (musicien et anthropologue) et de Christophe Apprill (sociologue et danseur) responsable des collections d'instruments de AIMP, deuxième intervenant à

La position de l'ethnomusicologie à l'égard des collections qu'elle a elle-même constituées a fait l'objet d'une importante controverse à la fin des années 90, opposant milieu académique et industrie de la World Music autour de la question de l'appropriation culturelle (Zemp, 1996 ; Feld, 1996). Quel usage possible des collections sonores de l'anthropologie? Quelle implication des ethnomusicologues dans la création? Nous observerons avec Madeleine Leclair quelques unes des initiatives menées au Musée d'Ethnographie de Genève (MEG) et interrogerons avec elle tant les dimensions pratiques, esthétiques et éthiques que rencontre l’anthropologue quand il cherche à donner une seconde vie à une collection.

Juin : Journées d’étude

Centre Georg Simmel Bayonne / Anthropological Research Institute on Music, Emotion and Human Societies (à confirmer, plus d’informations au cours du séminaire)

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