Séminaire nomade

Dans le sillage de l'orchestre juvénile Juan XXIII de San Miguel de Tucuman (Argentine) : restructuration d'un paradigme fantasmé", conférence de Julie Lewandowski (EHESS/UJM Saint-Etienne)

 

Conférence de Maya Gratier : "Le rôle de la musique dans les acquisitions précoces et le développement vocal prélinguistique"

 

Séminaire nomade  de la Société Française d’Ethnomusicologie

Edition n. 1 « Les enfants musiciens »

Grandir en musique. Education musicale et oralité au Mali

Comment les enfants apprennent-ils la musique dans différentes parties du monde ? Comment devient-on musicien dans des contextes d’oralité, où il n’y a pas d’institutions formelles préposées à cette délicate tâche de transmission culturelle ? Quels sont les enjeux de l’apprentissage d’une tradition musicale qui évolue aujourd’hui dans un monde globalisé ?

La rencontre « Grandir en musique » propose d’approfondir ces questions par une immersion dans le monde des griots (jeli), musiciens et conteurs du Mande, en l’Afrique de l’Ouest, qui font remonter leur origine commune dans les fondations de l’Empire du Mali (1235-1469). Composé d’un film suivi s’un débat avec sa réalisatrice, ce moment de découverte et de réflexion célèbre la musicalité de l’enfance et ouvre une fenêtre sur les transformations des cultures orales contemporaines.

17h - Film « Da Kali – La promesse à l’art du griot »

Réalisation Lucy Duran, 1h30 (bambara, français, ss-titres anglais)

Le film « Da Kali – La promesse à l’art du griot » fait partie du projet « Growing into Music », soutenu par le prestigieux Arts and Humanities Research Council, qui réunit des ethnomusicologues autour de la question de la transmission musicale auprès des enfants dans six aires culturelles du monde. Tourné entre 2009 et 2012, le film suit les enfants de quatre célèbres familles de jeli du Sud du Mali, confrontés au défi d’apprendre l’art ancien du griot au 21e siècle. Il montre comment des facteurs tels que la vie urbaine, la globalisation et le manque de support institutionnel pour la musique impactent la transmission de l’art des jelis Mande sur les jeunes générations. Il montre aussi la détermination des anciens et des enfants à célébrer leur art et le garder vivant, quelques mois seulement avant qu’un conflit armé menace l’existence même de la musique dans le pays.

18h30 - Débat avec la réalisatrice du film Lucy Duran Ethnomusicologue, SOAS University of London

Modérateurs Marte AMICO et Johanni CURTET

Dans le prolongement du film, Marta Amico (Maitresse de Conférences Ethnomusicologie, Université Rennes 2) et Johanni Curtet (Chercheur associé EA1279 Histoire et critique des arts, Université Rennes 2) animeront un débat avec la réalisatrice du film Lucy Duran, l’une des grandes spécialistes du monde musical Mande. L. Duran enseigne l’ethnomusicologie à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres, et fait ses recherches depuis 1977 avec des musiciens en Gambie, Sénégal, Guinée Bissau, Guinée et Mali, ainsi qu’avec la diaspora Mande en Europe. En plus de son travail académique, elle est impliquée dans les médias et l’industrie musicale. Elle a été la productrice et présentatrice d’un programme radiophonique phare des musiques du monde, « World Music Routes » sur la BBC depuis son début en 2000, et elle a été à la tête de la promotion et dissémination des musiques maliennes dans le monde depuis les années 1980. Elle a produit des albums d’artistes Ouest-Africains reconnus comme le joueur de kora Toumani Diabate, le chanteur de Guinée Bissau Manecas Costa, le chanteur malien Kasse Mady Diabate et le vertueuse du ngoni Bassekou Kouyate. Deux des albums qu’elle a produit ont reçu des nominations aux Grammy Awards : Kassi Kasse (2003) et I speak fula (2010).

Cette rencontre fait partie du « Séminaire Nomade » de la Société Française d’Ethnomusicologie, qui compte près de 200 membres, en France et à l'étranger, principalement parmi les chercheurs, les enseignants et les étudiants en ethnomusicologie. Sa mission est d'encourager, soutenir et promouvoir la réflexion sur les musiques du monde.

Le thème des « Enfants musiciens » retenu pour cette rencontre a été celui des journées d’étude de la SFE qui se sont tenues à la Philharmonie de Paris en 2016. Il donnera lieu également au prochain numéro des Cahiers d’ethnomusicologie à paraître en 2018. Toujours autour de la même thématique, ce séminaire nomade se tiens aussi dans les Universités de Tours et Saint-Etienne, avec d’autres intervenants. Toutes les séances sont gratuites et ouvertes à tous.

Informations: www.ethnomusicologie.fr.

Contact : Amelie Tehel, Service culturel Rennes 2

amelie.tehel@univ-rennes2.fr
02 99 14 11 41

5 décembre 2017

Université Rennes 2 - Le Tambour

Rue du Recteur Paul Henry, 35000 Rennes

Mardi 5 décembre : Projection de films autour du thème

Grandir en musique : au Mali, en Inde, en Azerbaïdjan.

19h-20h30

Département de Musicologie, site Clouet - Auditorium

Comment les enfants apprennent-ils la musique dans différentes parties du monde ? Comment devient-on musicien dans des contextes où il n’y a pas d’institutions préposées à cette délicate tâche de transmission culturelle ? Quels sont les enjeux de l’apprentissage d’une tradition musicale qui évolue aujourd’hui dans un monde globalisé ?

La rencontre « Grandir en musique » propose d’aborder ces questions en partant de films documentaires réalisés dans le cadre du projet Growing into Music (SOAS, Londres), qui a reçu le soutien du prestigieux Arts and Humanities Research Council et confronte les modalités de transmission dans six aires culturelles. Les extraits projetés lors de cette soirée nous immergeront dans le monde des griots (jeli), musiciens et conteurs du Mande en l’Afrique de l’Ouest, dans celui des lignages de musiciens d’Inde du Nord et dans les familles et conservatoires enseignant l’art du mugham azéri.

-       Da Kali – l’art des griots (L. Duran, langues : français, bambara, sous-titre anglais)

-       Sangeet ka Khel, Music as Play (N. Magriel, sous titres anglais)

-       Growing into music in Azerbaïdjan (Sanubar Baghirova, sous titres anglais)

Pour plus d’informations : http://growingintomusic.co.uk/

Jeudi 30 novembre : Journée autour du thème :

Chanter, parler, réciter. Pédagogies de la voix.

10h-12h30 / 18h-19h30

Département de Musicologie, Site Clouet

 

Les échanges de cette journée seront filmés et mis en ligne sur le site du département de musicologie de l’université de Tours et le site de la SFE

10h00-12h30 : Conférences (Auditorium)

Ariane Zevaco (Chargée de programmation à la Maison des Cultures du Monde, chercheuse associée au CREM-LESC (Université Paris Ouest Nanterre-La Défense) et au CETOBAC (EHESS-CNRS)

L’apprentissage enfantin du rythme et de l’intonation au Tadjikistan : une pratique orale au service du texte.

Au Tadjikistan, l’apprentissage du rythme est considéré comme la base essentielle de l’apprentissage musical. Idéalement, selon la tradition communément suivie par les musiciens, il est mené à la fois via celui des instruments à percussion, parallèlement à celui des luths – dont certains soutiennent autant le rythme que la mélodie du chant ;  mais surtout via l’apprentissage de la récitation du Coran et de la poésie. La question de l’intonation est alors étroitement liée à l’apprentissage du rythme. En effet, les textes religieux et poétiques, tout comme le jeu des rythmes sur des luths et des tambours, mettent en œuvre l’intonation comme élément indissociable de l’apprentissage du rythme, et vice-versa. L’exposé sera consacré à l’étude de l’articulation de ces principes et leur mise en œuvre. Ils révèlent des enjeux fondamentaux de la définition de la pratique musicale au Tadjikistan, au sein ou en-dehors des répertoires traditionnels. En outre, ces principes d’apprentissage montrent la centralité du texte en tant que support oral pour l’éducation musicale. Néanmoins, les pratiques contemporaines accordent moins d’importance à l’apprentissage des textes, tout en en valorisant la valeur écrite : que nous révèle ce paradoxe ?

Xavier Bisaro (Professeur à l’Université de Tours / CESR)

Chanter pour parler : regards croisés sur l’éducation verbale dans l’enseignement scolaire

La généralisation de l’enseignement scolaire en France à partir du XVIe siècle favorisa l’initiation des enfants au plain-chant et à la psalmodie. L’apprentissage de la lecture latine était en effet indissociable de l’acquisition d’un savoir-chanter élémentaire qui permettait aux écoliers de contribuer vocalement au déroulement des cérémonies religieuses paroissiales. Cette communication proposera une présentation synthétique des enjeux de ce rapprochement entre chant et oralisation enfantine, ainsi que plusieurs axes de comparaison entre cette pratique et les usages du chant scolaire ayant émergé durant l’époque contemporaine.

18h-19h30 : Table-ronde (Grande salle)

« Chanter, parler, réciter : enjeux de la transmission des pratiques vocales auprès des jeunes publics » avec Sébastien Durand (CFMI de Tours), Isabelle Magnan (Conseillère départementale à l’éducation musicale), Luciana Penna-Diaw (Philharmonie de Paris / SFE) et Samuel Rénier (Université de Tours : EES). Modération : Talia Bachir-Loopuyt (ICD)

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