Offres et appels

Cette rubrique contient des appels pour des colloques, des publications collectives, des concours, des postes à pourvoir.

Appel à posters 

Les sciences de la musique : de nouveaux défis dans une société en mutation. 

Symposium commun SFM–SFE–SFAM–AFIM

Vendredi 18 et samedi 19 janvier 2019 Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord

Date limite de soumission : 28 octobre 2018

Organisé conjointement par la Société Française de Musicologie (SFM), la Société Française d’Ethnomusicologie (SFE), la Société Française d’Analyse Musicale (SFAM) et l’Association Francophone d’Informatique Musicale (AFIM) – classées ici par ordre d’ancienneté –, et avec le soutien du ministère de la Culture, le symposium intitulé « Les sciences de la musique : de nouveaux défis dans une société en mutation » entend questionner et repenser les sciences de la musique dans toute leur diversité au regard des profonds changements qui transforment notre société en ce début de XXIe siècle. Au travers d’une réflexion ancrée dans les diverses pratiques de recherche de ces quatre sociétés savantes, il s’agira de mettre en évidence la place et le rôle des savoirs prenant la musique pour objet dans le contexte général des mutations qui affectent la science, l’art et la culture d’aujourd’hui. Ce symposium vise à rassembler, autour des membres des quatre sociétés savantes et sur la base de problématiques communes, toutes celles et tous ceux qui s’intéressent aux savoirs musicaux dans leur diversité (chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants, musiciennes et musiciens, compositrices et compositeurs, étudiantes et étudiants, etc.), dans une perspective à la fois interdisciplinaire, interinstitutionnelle et internationale. Il s’adresse en particulier aux professionnels de la musique exerçant dans différentes régions de France, aussi bien dans les milieux de l’enseignement général, spécialisé et supérieur de la musique que dans d’autres secteurs (industrie musicale, édition musicale, etc.). Une place privilégiée sera accordée aux nouvelles générations de chercheuses et chercheurs, de praticiennes et praticiens, tant pour la présentation de leurs travaux que pour leur participation aux différentes séances de discussion. Quatre principaux axes de réflexion seront développés et discutés dans le cadre de ce symposium. Chacun de ces axes sera décliné en variant les formats de présentation : conférences, communications, tables rondes, concerts-lectures, démonstrations, ateliers, etc., avec différents intervenants invités sur proposition des quatre sociétés. Une session posters sera également organisée.

Axe 1 – Approches et pratiques des sciences de la musique Sous la dénomination de « sciences de la musique », comme sous celle

certainement plus commune – de « musicologie », cohabitent des approches et des pratiques de recherche multiples. Ce premier axe vise à proposer quelques perspectives introductives sur la situation actuelle des recherches en musicologie, ethnomusicologie, analyse musicale et informatique musicale, et à les situer dans l’horizon plus large des savoirs scientifiques prenant la musique pour objet. Outre un rappel historique sur les contextes d’émergence et l’évolution des quatre sociétés savantes centrées sur ces différentes perspectives et spécialités disciplinaires, il s’agira de dresser un état des lieux de chacune de ces approches, en rendant compte de leurs spécificités – tant en termes de méthodes que de répertoires – tout en tâchant de dégager un certain nombre de principes et de présupposés communs. Qu’est-ce qui fonde l’identité des quatre sociétés savantes et dans quelle mesure les approches et pratiques qui les sous-tendent sont-elles susceptibles de faire preuve d’une certaine perméabilité ? Au-delà de cette idée de délimitation à l’intérieur même des sciences de la musique, il s’agira également d’interroger les principes de démarcation des diverses approches et pratiques des sciences de la musique dans un contexte interdisciplinaire : de l’acoustique aux sciences sociales, en passant par la philosophie, les études culturelles, les mathématiques, l’informatique ou encore les neurosciences, comment les chercheuses et les chercheurs émanant des sociétés savantes, ou s’identifiant avec les approches et pratiques de ces dernières, se positionnent-ils dans le monde scientifique actuel ? Dans quelle mesure leurs travaux permettent-ils de repenser des distinctions plus générales, notamment entre sciences humaines et sciences exactes, ou encore entre sciences de la nature et sciences de la culture ?

Axe 2 – Sciences de la musique et pratiques musicales d’aujourd’hui : quelles interactions ?

Le domaine des sciences de la musique et celui des pratiques musicales – incluant l’interprétation, la composition, la création musicales – ont parfois pu être envisagés comme des mondes séparés. Ce deuxième axe se propose donc d’interroger leurs modes d’interactions possibles, à la lumière des expériences et des travaux développés dans le cadre des sociétés savantes. Dans quelle mesure les résultats des recherches que ces dernières encouragent possèdent-ils des implications – des applications – plus ou moins directes sur les pratiques musicales d’aujourd’hui ? Il sera notamment intéressant de considérer l’impact de travaux relevant de l’édition critique, de la génétique des œuvres, de l’enquête ethnographique ou encore de l’analyse musicale, tant sur les pratiques instrumentales et vocales que sur les pratiques d’écoute – sans limite de répertoires, de genres et de supports. Il s’agira également d’explorer les diverses formes d’interfaces entre recherche et création, telles qu’elles se matérialisent par exemple par le biais d’études de terrain, mais également au travers des innovations numériques qui soutiennent la création contemporaine et, de façon reliée, la recherche en sciences de la musique tout comme la conservation des œuvres. Comment le travail théorique mené dans le cadre des sciences de la musique sur les œuvres musicales – qu’elles soient notées ou non, éditées et/ou archivées – est-il susceptible d’être réinvesti dans le cadre d’une production artistique ? Et, de façon réflexive, comment une production musicale peut-elle elle-même devenir un objet de recherche à part entière, en favorisant la collaboration entre scientifiques et artistes ?

Axe 3 – Les sciences de la musique et leur utilité sociale Dans le contexte économique, politique et social actuel, la question de l’utilité sociale

des sciences de la musique se pose avec une acuité particulière. Ce troisième axe se donne pour objectif de questionner la circulation des savoirs scientifiques sur la musique à différents niveaux – entre les chercheuses et chercheurs eux-mêmes, avec différents types de publics (musiciennes et musiciens professionnels, amateurs, mélomanes) et plus généralement avec l’ensemble de la société. Au-delà des publications spécialisées, comment les résultats de la recherche fondamentale sont-ils diffusés et partagés avec un large public, incluant en particulier les musiciennes et musiciens en situation d’apprentissage, également les acteurs de l’industrie du spectacle et de l’enregistrement ? Il s’agira notamment d’interroger les modes de transmission et de partage des outils d’analyse, des documents et des ressources de différents types, en regard des communautés et des réseaux auxquels ils s’adressent et dans le contexte général de la révolution numérique. Une attention particulière sera accordée à la question des approches participatives avec lesquelles experts et non-experts travaillent ensemble à la construction de savoirs, de patrimoines et de créations. Il sera enfin essentiel d’interroger le statut de la recherche en sciences de la musique aujourd’hui : entre production du savoir d’une part, médiation culturelle et scientifique, formation, voire animation d’expériences de recherche avec différents publics d’autre part, comment redéfinir les contours d’une activité professionnelle en pleine mutation ?

Axe 4 – Les sociétés savantes face à l’internationalisation Dans un contexte sociétal au sein duquel l’espace scientifique comme l’espace musical

se pensent désormais au niveau mondial, ce quatrième axe vise à faire émerger les problématiques liées à la place et au rôle des sociétés savantes – et à travers elles des sciences de la musique développées en France – à l’international. Lorsqu’elles s’identifient comme « françaises », quelle attractivité exercent-elles auprès de spécialistes étrangers, notamment celles et ceux qui ont été formés en France et/ou qui exercent une activité professionnelle en France ? Et quels types de réseaux nationaux et internationaux s’attachent-elles à développer ? S’agissant de l’aspect linguistique, comment la francophonie est-elle susceptible de se conjuguer à l’international, dans un contexte au sein duquel la langue anglaise s’est imposée comme langue scientifique internationale ? Quels rapports les sociétés savantes entretiennent-elles d’ailleurs avec les langues étrangères elles-mêmes, avec la culture, les concepts et les traditions scientifiques qui leur sont propres, et notamment avec les modes de pensée et d’organisation dominants qui tendent à se généraliser ? Enfin, s’agissant des enjeux liés à l’engagement international des sociétés savantes, il s’agira de considérer les cadres formels dans lesquels les actions et coopérations internationales sont susceptibles de s’exercer (fédérations, associations, réseaux internationaux, etc.) et de mettre en évidence, en regard des approches et pratiques internationales, les spécificités françaises dans le domaine des sciences de la musique.

 

APPEL A POSTERS

Dans le cadre de ce symposium, une session posters permettra la présentation et la discussion de travaux individuels ou collectifs portant sur des sujets relevant soit de l’un des quatre axes du symposium, soit de l’interaction entre différents domaines des sciences de la musique – par exemple ethnomusicologie et histoire de la musique, informatique musicale et analyse musicale, etc. Les propositions de posters soumises par des jeunes chercheuses et chercheurs sont particulièrement encouragées.

Les posters seront affichés pendant toute la durée du symposium. Une session spéciale sera spécifiquement dédiée aux présentations de posters. Les présentations pourront éventuellement être complétées et illustrées par des documents ou des démonstrations sur écran. Les auteurs se chargeront dans ce cas d’apporter le matériel nécessaire (ordinateurs et éventuellement casques). Les présentations s’effectueront impérativement en présence du ou des auteur(s) du poster.

Format de présentation des posters : une affiche de format A0, transmise au format PDF. Les organisateurs du symposium se chargeront de l’impression des posters.

Voir par exemple : https://www.posterpresentations.com/html/free_poster_templates.html (modèles de posters en format A0).

Calendrier :

– Date limite de soumission des posters complets au format PDF : 28 octobre 2018 ;

– Date de retour du comité de sélection des posters, incluant d’éventuelles demandes de modifications des posters : 15 novembre 2018 ;

– Date d’envoi des posters définitifs au format PDF : 15 décembre 2018 ;

– Présentation des posters durant le symposium : 18 et 19 janvier 2019. Les posters seront envoyés à l’adresse suivante : lessciencesdelamusique@gmail.com

* * *

Comité d’organisation Florence Gétreau (SFM) Talia Bachir-Loopuyt (SFE) Nathalie Hérold (SFAM) Pierre Couprie (AFIM)

Secrétariat Olga Velitchkina

Comité de sélection des posters Florence Gétreau (SFM) Cécile Davy-Rigaux (Présidente de la SFM) Talia Bachir-Loopuyt (SFE) François Picard (Président de la SFE) Nathalie Hérold (SFAM) Jean-Pierre Bartoli (Président de la SFAM) Pierre Couprie (AFIM) Anne Sèdes (Co-présidente de l’AFIM)

Logo symposium

Logo symposium

 

 

 

 

 

 

Document pdf - Appel à posters

ob 8f6da3 affiche colloque

ob 8f6da3 affiche colloque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12 et 13 avril 2019
Centre Français du Patrimoine Culturel Immatériel Prieuré des Bénédictins
2 rue des Bénédictins - 35500 Vitré

Le carnaval est un phénomène festif protéiforme. Les travaux scientifiques qui abordent cet objet d’étude sont issus non seulement des sciences sociales comme l’anthropologie, la sociologie et l’ethnographie mais aussi, d’une manière plus générale, des sciences humaines incluant les sciences de l’art (arts du spectacle, arts plastiques, musicologie), l’histoire, la littérature, la philosophie, les sciences politiques ou même encore le droit et l’économie. Le carnaval semble mettre en relief les multiples facettes de l’humanité et, de ce fait, la pensée en carnavologie apparaît comme éminemment pluridisciplinaire. Les chercheurs/euses se contentent-elles/ils de se restreindre aux méthodologies proposées par leurs propres disciplines ou s’essaient-elles/ils à des combinaisons de protocoles et d’outils de recherche appartenant à différentes disciplines? Ces associations créent-elles de nouvelles méthodologies ou sont-elles de simples « bricolages » ?

En plus d’être protéiforme le carnaval est polymorphe et se manifeste sous des latitudes et des temps différents poussant parfois les limites mêmes de sa propre définition. Du carnaval s’articulant autour de Mardi gras au carnavalesque incluant toutes formes de mascarades populaires (Gay pride, supporters de foot, Halloween, zombie walk, fausse manifestation de droite, etc.) en passant par le carnaval importé et exposé (carnaval tropical de Paris), le carnaval oblige-t-il cependant à des méthodes de recherche similaires ? Existe-t-il une approche méthodologique du carnaval en soi dont la pluridisciplinarité serait inhérente et cohérente ?

Ce colloque s’articulera autour de trois axes thématiques :

Axe 1 : La pluridisciplinarité : une source d’innovation

La combinaison d’outils et de méthodologies de recherche pluridisciplinaires conduit parfois à des assemblages inattendus. La rencontre de ces méthodologies donne-t-elle de nouvelles perspectives à la recherche ? Offre-t-elle de nouveaux paradigmes ? Existe-t-il des problèmes spécifiques à la pluridisciplinarité ? Ou des incompatibilités entre certaines disciplines que les chercheurs/euses en carnavologie rencontrent ? Le croisement des disciplines permet-il de contourner ou d’aller au-delà des limites des méthodologies propres à chaque domaine ?

Axe 2 : Carnival studies ou carnavologie : une science à part entière

La carnavologie est-elle une science pluridisciplinaire ou une science à part entière qui nécessiterait l’élaboration d’une définition propre à elle-même incluant une mise en avant de sa propre méthodologie ? D’un point de vue comparatiste, les carnavologues, aussi divers que soient leurs domaines respectifs, se rejoignent-ils/elles sur certaines approches ? Le carnaval, bien que polymorphe, induit-il cependant une méthodologie unifiée ? Existe-t-il une hiérarchie des méthodologies à laquelle chaque carnavologue semble se soumettre ? Cette hiérarchie est-elle nécessaire ou sclérosante ?

Axe 3 : Théories post Bakthine

Cet axe abordera l’histoire des études sur le carnaval et ses pratiques. La recherche sur les expressions carnavalesques a-t-elle évolué et comment ? D’où tire-t-elle son origine et quelle est son évolution ? Existe-t-il des paradigmes ou des branches, des écoles dans son domaine ? Les théoricien.ne.s du carnaval qui ont laissé leur empreinte peuvent-ils/elles être dépassé.e.s et comment ? Comment passer de la diversité des études sur les pratiques festives et carnavalesques à la construction d’une perspective commune aux Carnival studies, et en quoi une telle perspective pourrait-elle se distinguer d’autres champs d’étude thématique qui voient actuellement le jour à l’exemple des Gender studies ou des Performance studies ?

L’objectif de ce colloque est d’explorer les limites, les taxonomies, les définitions afférentes à une ou des méthodologie(s) de la recherche sur les pratiques festives et carnavalesques. Il offrira un espace d’échanges et de discussions autour des pratiques de recherche et de leurs innovations.

Modalités de soumission :

Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 500 mots sont à envoyer à l’adresse suivante : colloque.carnaval2019@orange.fr
Avant le : 31 octobre 2018

Journées doctorales d’ethnomusicologie 2018

Paris, Maison de la Recherche, 23-24 novembre 2018

Organisées par

François Picard, Professeur d’ethnomusicologie analytique à Sorbonne Université (IReMus, UMR 8223)

Susanne Fürniss, Directrice de Recherche CNRS (Éco-anthropologie, MNHN)

Luc Charles-Dominique, Professeur d’ethnomusicologie à l’Université de Côte d’Azur (LIRCES, EA 3159)

Denis Laborde, Directeur de Recherche au CNRS & Directeur d’études à l’EHESS (Centre Georg Simmel, Paris-Bayonne)

Ce que produit à l’ethnomusicologie, à la musique et à la connaissance la recherche des doctorantes et jeunes docteures et de leurs homologues masculins nous intéresse au plus haut point, ainsi que les conditions – difficiles, variées – dans lesquelles elle s’exerce.
Produire de l’interconnaissance entre jeunes chercheurs, instaurer les conditions d’un débat scientifique large et permanent, offrir aux doctorantes l’occasion d’exposer leur recherche publiquement, tels sont les objectifs de ces 8e Journées doctorales d’ethnomusicologie (Rencontres nationales de doctorants en ethnomusicologie) qui seront une nouvelle fois accueillies par Sorbonne Université. Chaque exposé durera trente minutes, suivi d’une discussion de dix minutes.

Les Journées doctorales d’ethnomusicologie sont ouvertes à tout doctorant menant une recherche en ethnomusicologie, quelles que soient son université et la discipline dans laquelle elle ou lui est officiellement inscrit (ethnomusicologie, musicologie, sociologie, ethnologie, anthropologie, histoire, études culturelles... ).

Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D40

vendredi 23 novembre 2018 de 14 h à 18 h et samedi 24 de 10 h à 18 h

• Les doctorants souhaitant proposer une communication doivent faire parvenir avant le 25 août 2018 (premier délai) un texte comprenant :

le titre de la communication
un résumé d’une page environ (2 500 signes maximum)
le nom de l’université, du laboratoire et de la directrice ou directeur de thèse

aux quatre adresses suivantes :

francois.picard@ sorbonne-universite.fr furniss@mnhn.fr luc.charles-dominique@unice.fr dlaborde@msh-paris.fr

Appel à manifestations

Seconde édition du séminaire nomade de la SFE  (2018 – 2019)

 

Initié en 2017-2018, le format du séminaire nomade veut d’une part promouvoir la diffusion des recherches en ethnomusicologie sur le territoire national, et d’autre part encourager la circulation des connaissances et des formats de restitution dépassant le cadre des manifestations académiques traditionnelles. Afin de garantir l’accessibilité des connaissances, les divers événements organisés (conférences, journées d’étude, tables-rondes) font l’objet d’une captation et sont mis en ligne sur le site internet de la Société Française d’Ethnomusicologie.

 

Musique et immigrations en France

Le thème des pratiques musicales en contexte d’immigration est travaillé en France depuis une vingtaine d’années par des initiatives à la jonction entre ethnomusicologie, médiation culturelle et politiques territoriales (Mahfoufi et Chevalier 1993, Pardo et Mounaïm 1998, les publications du CMTRA, Prévôt 2016). Il a aussi suscité des travaux d’ethnomusicologues étrangers et de chercheurs d’autres disciplines, en particulier sociologues et politistes, qui se sont penchés sur les formes hybrides de la chanson populaire maghrébine et sur le rap comme forme d’expression paradigmatique des descendants d’immigrés dans la société postcoloniale (Durand 2002, Huq 2001, Kapchan 2009, Marranci 2000, Hammou 2012, Raibaud 2008, Suzanne 2009). Il a enfin constitué un point nodal des débats sur l’évolution de l’ethnomusicologie dans la littérature ethnomusicologique anglophone ou germanophone et plus largement, dans des travaux de chercheurs explorant les sociétés et « villes dans lesquels ils vivent » (Araujo 2009).

Ce séminaire nomade entend proposer un état des lieux des travaux actuels sur les liens entre musique et immigrations en France, en s’intéressant aux phénomènes de relocalisation des traditions, de création en contexte diasporique, de patrimonialisation et de rapport à des héritages multiples. Il mettra en avant des approches ethnographiques et historiques, tant sur des formes et répertoires très audibles dans l’espace public que sur d’autres formes moins connues ou moins étudiées : pour examiner par exemple les reconfigurations de traditions classiques (comme la nûba) ou de répertoires de musique sacrée à la lumière des circulations entre la France et d’autres pays. Il s’agira aussi de mettre au jour des continuités de questionnements aussi bien que des différences d’approche avec l’anthropologie urbaine, la sociologie des migrations ou les études (notamment littéraires) explorant les enjeux esthétiques de la représentation de l’expérience migratoire. Dans quelle mesure ces perspectives permettent-elles d’éclairer le statut (souvent paradoxal) des artistes issus de l’immigration dans l’espace public français ? Quels liens et tensions se dessinent entre divers lieux de publicisation et les sphères intimes de « communautés » ou de groupes d’amateurs ? Comment s’articulent ces cadres collectifs et des démarches de création singulières ?

Les manifestations de ce séminaire se dérouleront entre septembre 2018 et juin 2019.

Nous appelons les membres de la Société Française d’Ethnomusicologie à nous soumettre des propositions d’événements (conférences, débats, journées d’étude, colloques) pouvant être intégrés dans le cadre de ce séminaire. La SFE pourra apporter une aide partielle à leur réalisation (sous forme de défraiements pour un à deux intervenants) à condition qu’ils soient co-financés et que les rencontres fassent l’objet d’une captation audio ou audio-visuelle. Les propositions devront comporter un court descriptif (1 demie-page), un programme et un budget prévisionnel de l’action.

Date-limite : 12 juillet 2018 (pour les manifestations de septembre à juin 2019)

Envoi des propositions : sfe@ethnomusicologie.fr ET talia.bachir-loopuyt@univ-tours.fr    

Bibliographie indicative:

 

ARAUJO, Samuel, « Ethnomusicologists researching towns they live in : theoretical and methodological queries for a renewed discipline », Musicology 9, 2009.

AUBERT, Laurent (dir.), Musiques Migrantes, Genève, Musée d’ethnographie, 2005.  

BACHIR-LOOPUYT, Talia, « Des identités pour rire? Sur une plaisanterie bavaro-mongole et la question du multiculturalisme dans l’Allemagne d’aujourd’hui », Cahiers d’ethnomusicologie 26, 2013, p. 209-229.

BARBE Noël et Marina CHAULIAC, ed. L'immigration aux frontières du patrimoine. Vol. 28. Les Éditions de la MSH, 2016.

BELBAHRI, Abdelkader, « Création musicale, héritages et expressions culturelles des jeunes issus de l’immigration dans l’agglomération lyonnaise », Écarts d’identité, 114, 2009.

BOHLMAN, Philip Vilas. « When migration ends, when music ceases », Music and Arts in Action 3.3, 2011, p. 148-166.

CLAUSEN, Bernd, Ursula HEMETEK et Eva SAETHER (éd.), Music in Motion: Diversity and Dialogue in Europe, transcript Verlag, 2009.

CMTRA, La Guillotière ; Des mondes de musiques, Musiques du Maghreb à Lyon ; Flamenco à Lyon ; Lyon Orientale ; Les Pentes de la Croix-Rousse ; Musiques du 8 , dans la collection « Atlas Sonores en Rhône-Alpes » du CMTRA, de 1995 à 2017.

DAMON-GUILLOT Anne et LEFRONT Mélaine, Comment sonne la ville ? Musiques migrantes de Saint-Étienne, CMTRA, Atlas Sonores en Rhône-Alpes, 2017.

DURAND, Alain-Philippe, ed. Black, Blanc, Beur: Rap Music and Hip-Hop Culture in the Francophone World, Lanham, MD: The Scarecrow Press, 2002.

GAULIER, Armelle. ZEBDA, TACTIKOLECTIF, ORIGINES CONTROLEES: la musique au service de l'action sociale et politique à Toulouse. 2014. Thèse de doctorat. Université de Bordeaux.

GREVE, Martin. Die Musik der imaginären Türkei: Musik und Musikleben im Kontext der Migration aus der Türkei in Deutschland. Metzler, 2003.

GROSS, Joan, David McMurray and Ted Swedenburg. 1992. « Rai, Rap, and Ramadan Nights: Franco-Maghribi Cultural Identities ». Middle East Report 178:11-16,24.

HAMMOU Karim, Une histoire du rap en France, Paris, La Découverte, 2012.

HUQ, Rupa, « Rap à la française: Hip-hop as Youth Culture in Contemporary Post-colonial

France », in : Transitions of Youth Citizenship in Europe: Culture, Subculture and Identity, éd. par Andy Furlong et Irena Guidikova, 41-60. Strasbourg: Council of Europe

Publishing, 2001.

KAPCHAN, Deborah, « Learning to Listen: The Sound of Sufism in France », The World of Music 51, no. 2, 2009, p. 65-89. 

LABORDE Denis,  « Création musicale, World Music et diversité culturelle : la musique comme outil d’intelligibilité anthropologique », Transposition [En ligne], Hors-série 1 | 2018

LABORDE Denis, « La musique pour s’entendre? Politique et migration dans les métropoles occidentales », in BACHIR-LOOPUYT, Talia, DAMON-GUILLOT, Anne ; (dir.), Une pluralité audible ? Mondes de musique en contact, Tours, PUFR, 2018.

MAHFOUFI Mehena, CHEVALIER Sophie, Les pratiques musicales au sein des communautés issues de l’immigration. Deux exemples : la communauté portugaise à Paris et dans la région parisienne, la communauté maghrébine à Lyon et sa région, Paris, Société Française d’Ethnomusicologie, 1993.

MARRANCI, Gabriele. “A Complex Identity and Its Musical Representation: Beurs and Raï Music in Paris”. Music and Anthropology 5, 2000.

MILIANI, Hadj, « Diasporas musiciennes et migrations maghrébines en situation coloniale », Volume !, 12, 2015/1.

OLSEN, Dale A., « Music of Immigrants groups », in Olsen D. A. et Sheehy D. E. dir., Garland Encyclopedia of World Music, vol. 2, part. 2 (« Issues and processes in the Music of South America, Mexico, Central America, and the Caribbean »), Routledge, 1998.

PARDO, Martial ; MAHJOUBA, Mounaïm, Le tour du monde en 25 voisins : musiques et récits de l’immigration en Basse-Normandie, de 1914 à nos jours, Paris, Actes Sud, 1998.

PEREIRA Victor, « Chanson et immigration portugaise en France : une musique du retour ?», Volume ! [En ligne], 12 : 1 / 2015, mis en ligne le 24 novembre 2015, dernière consultation le 30 mars 2017. URL : http://volume.revues.org/4601

PREVOT Nicolas, « Ethnomusicologie et recherche-action ; Le patrimoine musical des Nanterriens », Cahiers d’ethnomusicologie, 29, 2016, p. 137-156.

RAIBAUD Yves, « Les Musiques du monde à l’épreuve des études postcoloniales »,Volume!, 6 : 1-2, 2008, 5-16.

SUZANNE, Gilles, « Musiques d’Algérie, mondes de l’art et cosmopolitisme », Revue européenne des migrations internationales, 25, 2009/2.

WONG, Deborah, Speak it Louder: Asian Americans Making Music, London: Routledge, 2004.

Cahiers d’ethnomusicologie, vol. 32/2019

« Musiques de migrants »

Appel à contributions

Délai d’inscription : 3 septembre 2018

Les multiples tensions dont sont chargées les musiques de l’exil ont été largement étudiées par l’ethnomusicologie, dès sa constitution comme discipline. Depuis, de nombreuses recherches relevant soit de l’anthropologie diffusionniste, soit d’une orientation sociologique, parfois en histoire sociale de la musique, ont fait de l’étude des répertoires musicaux un outil pour l’étude des formes d’attachement aux cultures d’origine, qu’il s’agisse de les envisager sous l’angle d’une préservation, ou, au contraire, sous celui de la créolité, de l’hybridation ou de la fusion.

Avec l’accélération de la globalisation, l’ethnomusicologie a vu ses paradigmes se renouveler et une nouvelle génération de chercheuses et de chercheurs explore aujourd’hui  de nouvelles pistes, parmi lesquelles la façon dont de nouveaux sons sont fabriqués, dont des formes de cosmopolitisme musical émergent ou dont des pratiques musiciennes s’articulent au politique dans la perspective d’une gestion des flux migratoires. Ces travaux examinent la manière dont la musique permet d’équiper une société d’accueil de représentations positives de l’altérité. Ainsi, la tentative de construction d’une figure de l’autre en artiste musicien, valorisation artistique visant à favoriser son intégration, se retrouve, par exemple, dans le concours Creole, Musiques du Monde d’Allemagne, ou encore dans le festival Villes des Musiques du Monde d’Aubervilliers. Ce processus tend à se généraliser : dans de nombreuses structures associatives comme dans les conservatoires, les écoles de musique et les équipements culturels, des ateliers de musique destinés aux migrants ou animés par des migrants se font jour.

Dans le but d’interroger cette dynamique, ce numéro des Cahiers d’ethnomusicologie souhaite réunir un certain nombre d’observations portées sur des situations qui rendent compte de « ce qui se passe » lorsque le lien aux migrants se construit sur une base musicienne. Que peuvent ces observations nous dire des ontologies musiciennes, des répertoires spécifiques comme de ceux qui sont partagés, de leur incorporation, des échanges, des actions menées en commun, des tensions qui émergent dans les situations dramatiques qui se vivent aujourd’hui en Europe notamment ou des incompréhensions qui peuvent surgir ? Car, même lorsque la tension est à son comble, que le processus migratoire, proche de l’anomie, se situe dans une zone d’incertitude existentielle, des solidarités se manifestent, des écoutes se façonnent qui engagent la musique, pensée ici comme forme relationnelle, sur le mode de l’échange social.

Les contributions centrées sur les thèmes suivants seront accueillies avec intérêt :

— de quoi le face-à-face artistique et humain est-il porteur ?

— comment le lien aux codes culturels d’origine est-il activé par la musique pour chacun de ceux qui sont présents dans l’échange ?

— quelle est cette part d’eux-mêmes que des migrants transportent lorsqu’ils se trouvent dans ces situations proches de l’anomie ?

— en quoi le processus migratoire affecte-t-il les pratiques musicales des migrants ?

— que visent les dispositifs d’éducation musicale et de pratique collective mis en place dans des camps, dans les institutions, dans les structures associatives ? Et que nous disent-ils de la rencontre, de l’échange culturel, de la capacité d’attention de chacun dans ces situations de musique ?

— les ethnomusicologues ont-ils ou devraient-ils avoir un rôle à jouer dans l’organisation de projets musicaux mettant en scène des musiciens migrants ?

— quels effets la présence de musiciens migrants a-t-elle sur les pratiques musicales dans leur terre d’accueil ?

— une fois le processus de migration effectué, qu’en est-il de la rencontre et de l’échange ? quelle est la part de visibilité des musiques issues de l’immigration et de leur insertion dans l’espace public ?

— enfin, les processus migratoires, quelle que soit leur origine, sont souvent à l’origine de transferts culturels. Dans quelle mesure certaines pratiques actuelles portent-elles la mémoire, soit récente, soit plus ancienne, de ces mises en contact culturelles ?

Cet appel concerne toutes les aires géographiques et toutes les configurations historiques.

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Le volume 32, « Musiques de migrants », est coordonné par Denis Laborde (CNRS-EHESS) et Luc Charles-Dominique (Université Côte d’Azur).

Envoyer une proposition d’une page maximum (titre, abstract) et un court CV à : 

Denis.laborde@ehess.fr

l.charles-dominique@wanadoo.fr

avant le 3 septembre 2018.

Les auteurs dont les propositions auront été retenues devront envoyer leur article avant le 1er décembre 2018.

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