Actualités de l'ethnomusicologie

Couv_Musiques_sacres
Couv_Musiques_sacres
Expressions musicales du sacré dans le monde

CD Enbiro / VDE-1386, 2012
en collaboration avec les Ateliers d’ethnomusicologie

24 plages, 70’, livret (56 p.), 20.- € + port

Les enregistrements réunis dans ce CD fournissent un panorama, certes incomplet, mais représentatif des expressions musicales du sacré dans le monde. Parfois intimistes et méditatives, parfois festives ou majestueuses, ces musiques nous invitent à partager une diversité souvent remise en cause par l’uniformisation culturelle engendrée par la mondialisation.

De nombreux héritages spirituels sont ici réunis, allant des monothéismes abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam) aux traditions orientales (hindouisme, bouddhisme, taoïsme, confucianisme, shintoïsme), en passant par diverses expressions autochtones comme celle des Amérindiens, des Aborigènes australiens ou de différentes sociétés africaines (Bainuk du Sénégal, Pygmées du Congo, Xhosa d’Afrique du Sud…).

Un grand nombre de ces exemples musicaux proviennent d’enregistrements inédits, d’autres sont extraits de CDs publiés. Certains seront agréables à nos oreilles, d’autres pourront nous déconcerter, voire rebuter notre sens esthétique. Mais il serait vain de les aborder sous l’angle du simple plaisir de l’écoute : tel n’est pas leur but. Ces musiques sont ce qu’elles sont dans la mesure où elles répondent à un besoin et à une finalité qui, par définition, dépassent les caprices du goût.

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Un CD Ocora Radio France

LOS GAITEROS DE PUNTA BRAVA :
Sixto Silgado Paito, gaita femelle et voix soliste
Urián Sarmiento, gaita mâle, maraca et chœurs
Martin Oullié, tambour llamador
Daniel Silgado el Nane, tambour alegre
Joanis Silgado el Corzo, tambora et chœurs.

Sixto Silgado Paíto est le représentant d’une musique de gaitas (une flûte droite accompagnée des tambours alegre, llamador et tambora) vive et dynamique, qui a su préserver son expression d’origine tout en la nourrissant de sa sensibilité. Aujourd’hui revendiquée comme le résultat direct de la rencontre entre les trois peuples majoritaires de Colombie (Blancs, Noirs et Indiens), la musique de gaitas connaît une remarquable renaissance.

Clip de "La Dormilona", porro interprété dans le disque:

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Gaitero, agriculteur et artisan, Sixto Silgado Paíto est originaire d’un village «noir» des savanes des Montes de María sur la côte atlantique colombienne. Prolongeant la cordillère des Andes au nord du pays, cette chaîne montagneuse forme le cœur de la tradition de gaitas et de tambours de la Colombie. Paíto est l’un des derniers joueurs de gaita dont le style, le répertoire et l'esthétique sont restés très proches des genres musicaux «afro» originaires de la région.

Bien que le terme gaita désigne la cornemuse en Espagne et en Bulgarie, ainsi qu’un hautbois en Afrique du Nord, il s’agit en Colombie d’une flûte droite taillée à partir du cœur d’un cactus. La gaita se singularise par une facture héritée des peuples indiens de la Caraïbe : une tête faite d’un mélange de cire d’abeille et de char-bon végétal dans laquelle est inséré un calame (tube où souffle le gaitero) issue d’une plume de dinde, de canard ou de paon. On la joue en couple, mâle et femelle. Autre grand héritage indien, la gaita mâle est toujours jouée en association avec un hochet (maraca ou maracón) fait d’une calebasse vidée et remplie de graines séchées. Le machero joue d’une main la flûte et de l’autre la maraca.

Les gaitas sont accompagnées de trois tambours : l’alegre («joyeux»), le llamador («celui qui appelle») et la tambora. Les deux premiers sont joués avec les mains, sur une peau. Ils constituent «l’élément africain» par excellence. Le llamador est beaucoup plus petit que l’alegre, mais ils diffèrent surtout par leur fonction : le llamador porte l’ensemble, son jeu sobre et invariable appelant à la mesure en frappant le contretemps. Il s’oppose à l’alegre, dit joyeux car «bavard» : ce dernier exploite une grande variété de timbres et de motifs rythmiques, multipliant les divisions métriques. Dans le discours local, le llamador est le tambour mâle alors que l’alegre est femelle. Ce dernier entretient une relation très étroite avec la gaita femelle : «ils se cherchent mutuellement», dirait Paíto. La tambora (tambour à deux peaux percutées avec des baguettes) semble provenir d’Europe et n’est utilisée dans cette musique que depuis les années 1960.

Pochette du disque

Pochette du disque

Vamanan Namboodiri, chant et musiciens (style carnatique)
Kalamandalam Jaya Prakash, chant et musiciens (style sopana)
Enregistrements collectés et commentés par Brigitte Chataignier

Le mohini attam (littéralement "danse de l'enchanteresse") est la danse classique du Kerala au sud-ouest de l'Inde. Cette danse de femme connut son âge d'or sous le règne du Mahârâjah Svâti Tirunâl (1813-1847) qui composa une grande partie du répertoire.

Le mohini attam relève du style lasya fait de mouvements circulaires, de courbes et de spirales sur un tempo lent ou modéré qui rappellent la nature keralaise : le balancement des palmes, l’ondulation des rizières et le cycle perpétuel des vagues... Les sentiments y tiennent une place centrale et la musique concourt à leur expression.

W260143

W260143
Kim Young-gil, cithare à archet ajaeng
Yoon Ho-se, tambour janggu

Le sanjo est une suite pour instrument solo discrètement accompagné par un tambour. Ce genre apparu à la fin du XIXe siècle puise dans plusieurs héritages : la musique chamanique improvisée sinawi, l’"opéra à un acteur" pansori, la musique des lettrés pungnyu. Inventé en 1890 par le maître de la cithare gayageum Kim Chang-jo, le sanjo est très vite adapté à d'autres instruments.

C'est le cas de l'ajaeng, cette cithare à cordes frottées au timbre puissant, proche du violoncelle, avec des sonorités tantôt soyeuses tantôt granuleuses. D’abord calme et méditative à la manière d’un impromptu, la pièce, composée de plusieurs parties enchaînées, gagne peu à peu en rapidité et en virtuosité. Les joueurs d'ajaeng sont rares, particulièrement ceux qui, comme Kim Young-gil, maîtrisent l'art du sanjo. Ce grand artiste nous propose ici la version qu'il a héritée de son maître, Pak Jong-sun, suivie d'une composition originale dans le style chamanique sinawi.

1. Sanjo d'ajaeng : jinyangjo, jungmori, jungjungmori, jajinmori.
2. Sinawi : introduction, gutgeori, interlude, jajinmori, hwimori, finale.

Une nouveauté CD INEDIT/Maison des Cultures du Monde
réf : W 260143. Distribué par Socadisc. Egalement disponible en mp3 sur iTunes, Qobuz, Fnac, Amazon etc.

Entre 2004 et 2010, le MRAC a publié, en coédition avec les éditions fonti musicali (Bruxelles), une série de 12 CD’s consacrés aux musiques traditionnelles de la RDC, l’« Anthologie de la musique congolaise ».

Initiée par Jos Gansemans, éditeur scientifique des volumes 1 à 11, cette collection s’est conclue par le n° 12 (sous la direction d’Ignace De Keyser). Elle a permis de diffuser des enregistrements issus des collections du MRAC ou de l’Institut des Musées nationaux du Congo (IMNC) et réalisés durant diverses missions par des spécialistes comme Benoit Quersin, John Hart, le père Ménard, Didier Demolin ou encore bien entendu Jos Gansemans.

Samedi 31 mars, à Marseille, dans le cadre du Salon de la World Music Babel Med , l’Académie Charles-Cros (France) a remis un de ses prix « Coup de cœur 2012 » à la collection dans la catégorie « Musiques du monde ».

 

Cette rubrique recense quelques publications des membres : livres, disques, outils multimedia, etc. Les travaux financés par la Société sont distingués dans la rubrique Publications.

Cette rubrique contient des appels pour des colloques, des publications collectives, des concours, des postes à pourvoir.

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