Actualités de l'ethnomusicologie

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Kim Young-gil, cithare à archet ajaeng
Yoon Ho-se, tambour janggu

Le sanjo est une suite pour instrument solo discrètement accompagné par un tambour. Ce genre apparu à la fin du XIXe siècle puise dans plusieurs héritages : la musique chamanique improvisée sinawi, l’"opéra à un acteur" pansori, la musique des lettrés pungnyu. Inventé en 1890 par le maître de la cithare gayageum Kim Chang-jo, le sanjo est très vite adapté à d'autres instruments.

C'est le cas de l'ajaeng, cette cithare à cordes frottées au timbre puissant, proche du violoncelle, avec des sonorités tantôt soyeuses tantôt granuleuses. D’abord calme et méditative à la manière d’un impromptu, la pièce, composée de plusieurs parties enchaînées, gagne peu à peu en rapidité et en virtuosité. Les joueurs d'ajaeng sont rares, particulièrement ceux qui, comme Kim Young-gil, maîtrisent l'art du sanjo. Ce grand artiste nous propose ici la version qu'il a héritée de son maître, Pak Jong-sun, suivie d'une composition originale dans le style chamanique sinawi.

1. Sanjo d'ajaeng : jinyangjo, jungmori, jungjungmori, jajinmori.
2. Sinawi : introduction, gutgeori, interlude, jajinmori, hwimori, finale.

Une nouveauté CD INEDIT/Maison des Cultures du Monde
réf : W 260143. Distribué par Socadisc. Egalement disponible en mp3 sur iTunes, Qobuz, Fnac, Amazon etc.

Entre 2004 et 2010, le MRAC a publié, en coédition avec les éditions fonti musicali (Bruxelles), une série de 12 CD’s consacrés aux musiques traditionnelles de la RDC, l’« Anthologie de la musique congolaise ».

Initiée par Jos Gansemans, éditeur scientifique des volumes 1 à 11, cette collection s’est conclue par le n° 12 (sous la direction d’Ignace De Keyser). Elle a permis de diffuser des enregistrements issus des collections du MRAC ou de l’Institut des Musées nationaux du Congo (IMNC) et réalisés durant diverses missions par des spécialistes comme Benoit Quersin, John Hart, le père Ménard, Didier Demolin ou encore bien entendu Jos Gansemans.

Samedi 31 mars, à Marseille, dans le cadre du Salon de la World Music Babel Med , l’Académie Charles-Cros (France) a remis un de ses prix « Coup de cœur 2012 » à la collection dans la catégorie « Musiques du monde ».

 

ob 8f6da3 affiche colloque

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12 et 13 avril 2019
Centre Français du Patrimoine Culturel Immatériel Prieuré des Bénédictins
2 rue des Bénédictins - 35500 Vitré

Le carnaval est un phénomène festif protéiforme. Les travaux scientifiques qui abordent cet objet d’étude sont issus non seulement des sciences sociales comme l’anthropologie, la sociologie et l’ethnographie mais aussi, d’une manière plus générale, des sciences humaines incluant les sciences de l’art (arts du spectacle, arts plastiques, musicologie), l’histoire, la littérature, la philosophie, les sciences politiques ou même encore le droit et l’économie. Le carnaval semble mettre en relief les multiples facettes de l’humanité et, de ce fait, la pensée en carnavologie apparaît comme éminemment pluridisciplinaire. Les chercheurs/euses se contentent-elles/ils de se restreindre aux méthodologies proposées par leurs propres disciplines ou s’essaient-elles/ils à des combinaisons de protocoles et d’outils de recherche appartenant à différentes disciplines? Ces associations créent-elles de nouvelles méthodologies ou sont-elles de simples « bricolages » ?

En plus d’être protéiforme le carnaval est polymorphe et se manifeste sous des latitudes et des temps différents poussant parfois les limites mêmes de sa propre définition. Du carnaval s’articulant autour de Mardi gras au carnavalesque incluant toutes formes de mascarades populaires (Gay pride, supporters de foot, Halloween, zombie walk, fausse manifestation de droite, etc.) en passant par le carnaval importé et exposé (carnaval tropical de Paris), le carnaval oblige-t-il cependant à des méthodes de recherche similaires ? Existe-t-il une approche méthodologique du carnaval en soi dont la pluridisciplinarité serait inhérente et cohérente ?

Ce colloque s’articulera autour de trois axes thématiques :

Axe 1 : La pluridisciplinarité : une source d’innovation

La combinaison d’outils et de méthodologies de recherche pluridisciplinaires conduit parfois à des assemblages inattendus. La rencontre de ces méthodologies donne-t-elle de nouvelles perspectives à la recherche ? Offre-t-elle de nouveaux paradigmes ? Existe-t-il des problèmes spécifiques à la pluridisciplinarité ? Ou des incompatibilités entre certaines disciplines que les chercheurs/euses en carnavologie rencontrent ? Le croisement des disciplines permet-il de contourner ou d’aller au-delà des limites des méthodologies propres à chaque domaine ?

Axe 2 : Carnival studies ou carnavologie : une science à part entière

La carnavologie est-elle une science pluridisciplinaire ou une science à part entière qui nécessiterait l’élaboration d’une définition propre à elle-même incluant une mise en avant de sa propre méthodologie ? D’un point de vue comparatiste, les carnavologues, aussi divers que soient leurs domaines respectifs, se rejoignent-ils/elles sur certaines approches ? Le carnaval, bien que polymorphe, induit-il cependant une méthodologie unifiée ? Existe-t-il une hiérarchie des méthodologies à laquelle chaque carnavologue semble se soumettre ? Cette hiérarchie est-elle nécessaire ou sclérosante ?

Axe 3 : Théories post Bakthine

Cet axe abordera l’histoire des études sur le carnaval et ses pratiques. La recherche sur les expressions carnavalesques a-t-elle évolué et comment ? D’où tire-t-elle son origine et quelle est son évolution ? Existe-t-il des paradigmes ou des branches, des écoles dans son domaine ? Les théoricien.ne.s du carnaval qui ont laissé leur empreinte peuvent-ils/elles être dépassé.e.s et comment ? Comment passer de la diversité des études sur les pratiques festives et carnavalesques à la construction d’une perspective commune aux Carnival studies, et en quoi une telle perspective pourrait-elle se distinguer d’autres champs d’étude thématique qui voient actuellement le jour à l’exemple des Gender studies ou des Performance studies ?

L’objectif de ce colloque est d’explorer les limites, les taxonomies, les définitions afférentes à une ou des méthodologie(s) de la recherche sur les pratiques festives et carnavalesques. Il offrira un espace d’échanges et de discussions autour des pratiques de recherche et de leurs innovations.

Modalités de soumission :

Les propositions de communication, d’une longueur maximale de 500 mots sont à envoyer à l’adresse suivante : colloque.carnaval2019@orange.fr
Avant le : 31 octobre 2018

Journées doctorales d’ethnomusicologie 2018

Paris, Maison de la Recherche, 23-24 novembre 2018

Organisées par

François Picard, Professeur d’ethnomusicologie analytique à Sorbonne Université (IReMus, UMR 8223)

Susanne Fürniss, Directrice de Recherche CNRS (Éco-anthropologie, MNHN)

Luc Charles-Dominique, Professeur d’ethnomusicologie à l’Université de Côte d’Azur (LIRCES, EA 3159)

Denis Laborde, Directeur de Recherche au CNRS & Directeur d’études à l’EHESS (Centre Georg Simmel, Paris-Bayonne)

Ce que produit à l’ethnomusicologie, à la musique et à la connaissance la recherche des doctorantes et jeunes docteures et de leurs homologues masculins nous intéresse au plus haut point, ainsi que les conditions – difficiles, variées – dans lesquelles elle s’exerce.
Produire de l’interconnaissance entre jeunes chercheurs, instaurer les conditions d’un débat scientifique large et permanent, offrir aux doctorantes l’occasion d’exposer leur recherche publiquement, tels sont les objectifs de ces 8e Journées doctorales d’ethnomusicologie (Rencontres nationales de doctorants en ethnomusicologie) qui seront une nouvelle fois accueillies par Sorbonne Université. Chaque exposé durera trente minutes, suivi d’une discussion de dix minutes.

Les Journées doctorales d’ethnomusicologie sont ouvertes à tout doctorant menant une recherche en ethnomusicologie, quelles que soient son université et la discipline dans laquelle elle ou lui est officiellement inscrit (ethnomusicologie, musicologie, sociologie, ethnologie, anthropologie, histoire, études culturelles... ).

Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D40

vendredi 23 novembre 2018 de 14 h à 18 h et samedi 24 de 10 h à 18 h

• Les doctorants souhaitant proposer une communication doivent faire parvenir avant le 25 août 2018 (premier délai) un texte comprenant :

le titre de la communication
un résumé d’une page environ (2 500 signes maximum)
le nom de l’université, du laboratoire et de la directrice ou directeur de thèse

aux quatre adresses suivantes :

francois.picard@ sorbonne-universite.fr furniss@mnhn.fr luc.charles-dominique@unice.fr dlaborde@msh-paris.fr

Appel à manifestations

Seconde édition du séminaire nomade de la SFE  (2018 – 2019)

 

Initié en 2017-2018, le format du séminaire nomade veut d’une part promouvoir la diffusion des recherches en ethnomusicologie sur le territoire national, et d’autre part encourager la circulation des connaissances et des formats de restitution dépassant le cadre des manifestations académiques traditionnelles. Afin de garantir l’accessibilité des connaissances, les divers événements organisés (conférences, journées d’étude, tables-rondes) font l’objet d’une captation et sont mis en ligne sur le site internet de la Société Française d’Ethnomusicologie.

 

Musique et immigrations en France

Le thème des pratiques musicales en contexte d’immigration est travaillé en France depuis une vingtaine d’années par des initiatives à la jonction entre ethnomusicologie, médiation culturelle et politiques territoriales (Mahfoufi et Chevalier 1993, Pardo et Mounaïm 1998, les publications du CMTRA, Prévôt 2016). Il a aussi suscité des travaux d’ethnomusicologues étrangers et de chercheurs d’autres disciplines, en particulier sociologues et politistes, qui se sont penchés sur les formes hybrides de la chanson populaire maghrébine et sur le rap comme forme d’expression paradigmatique des descendants d’immigrés dans la société postcoloniale (Durand 2002, Huq 2001, Kapchan 2009, Marranci 2000, Hammou 2012, Raibaud 2008, Suzanne 2009). Il a enfin constitué un point nodal des débats sur l’évolution de l’ethnomusicologie dans la littérature ethnomusicologique anglophone ou germanophone et plus largement, dans des travaux de chercheurs explorant les sociétés et « villes dans lesquels ils vivent » (Araujo 2009).

Ce séminaire nomade entend proposer un état des lieux des travaux actuels sur les liens entre musique et immigrations en France, en s’intéressant aux phénomènes de relocalisation des traditions, de création en contexte diasporique, de patrimonialisation et de rapport à des héritages multiples. Il mettra en avant des approches ethnographiques et historiques, tant sur des formes et répertoires très audibles dans l’espace public que sur d’autres formes moins connues ou moins étudiées : pour examiner par exemple les reconfigurations de traditions classiques (comme la nûba) ou de répertoires de musique sacrée à la lumière des circulations entre la France et d’autres pays. Il s’agira aussi de mettre au jour des continuités de questionnements aussi bien que des différences d’approche avec l’anthropologie urbaine, la sociologie des migrations ou les études (notamment littéraires) explorant les enjeux esthétiques de la représentation de l’expérience migratoire. Dans quelle mesure ces perspectives permettent-elles d’éclairer le statut (souvent paradoxal) des artistes issus de l’immigration dans l’espace public français ? Quels liens et tensions se dessinent entre divers lieux de publicisation et les sphères intimes de « communautés » ou de groupes d’amateurs ? Comment s’articulent ces cadres collectifs et des démarches de création singulières ?

Les manifestations de ce séminaire se dérouleront entre septembre 2018 et juin 2019.

Nous appelons les membres de la Société Française d’Ethnomusicologie à nous soumettre des propositions d’événements (conférences, débats, journées d’étude, colloques) pouvant être intégrés dans le cadre de ce séminaire. La SFE pourra apporter une aide partielle à leur réalisation (sous forme de défraiements pour un à deux intervenants) à condition qu’ils soient co-financés et que les rencontres fassent l’objet d’une captation audio ou audio-visuelle. Les propositions devront comporter un court descriptif (1 demie-page), un programme et un budget prévisionnel de l’action.

Date-limite : 12 juillet 2018 (pour les manifestations de septembre à juin 2019)

Envoi des propositions : sfe@ethnomusicologie.fr ET talia.bachir-loopuyt@univ-tours.fr    

Bibliographie indicative:

 

ARAUJO, Samuel, « Ethnomusicologists researching towns they live in : theoretical and methodological queries for a renewed discipline », Musicology 9, 2009.

AUBERT, Laurent (dir.), Musiques Migrantes, Genève, Musée d’ethnographie, 2005.  

BACHIR-LOOPUYT, Talia, « Des identités pour rire? Sur une plaisanterie bavaro-mongole et la question du multiculturalisme dans l’Allemagne d’aujourd’hui », Cahiers d’ethnomusicologie 26, 2013, p. 209-229.

BARBE Noël et Marina CHAULIAC, ed. L'immigration aux frontières du patrimoine. Vol. 28. Les Éditions de la MSH, 2016.

BELBAHRI, Abdelkader, « Création musicale, héritages et expressions culturelles des jeunes issus de l’immigration dans l’agglomération lyonnaise », Écarts d’identité, 114, 2009.

BOHLMAN, Philip Vilas. « When migration ends, when music ceases », Music and Arts in Action 3.3, 2011, p. 148-166.

CLAUSEN, Bernd, Ursula HEMETEK et Eva SAETHER (éd.), Music in Motion: Diversity and Dialogue in Europe, transcript Verlag, 2009.

CMTRA, La Guillotière ; Des mondes de musiques, Musiques du Maghreb à Lyon ; Flamenco à Lyon ; Lyon Orientale ; Les Pentes de la Croix-Rousse ; Musiques du 8 , dans la collection « Atlas Sonores en Rhône-Alpes » du CMTRA, de 1995 à 2017.

DAMON-GUILLOT Anne et LEFRONT Mélaine, Comment sonne la ville ? Musiques migrantes de Saint-Étienne, CMTRA, Atlas Sonores en Rhône-Alpes, 2017.

DURAND, Alain-Philippe, ed. Black, Blanc, Beur: Rap Music and Hip-Hop Culture in the Francophone World, Lanham, MD: The Scarecrow Press, 2002.

GAULIER, Armelle. ZEBDA, TACTIKOLECTIF, ORIGINES CONTROLEES: la musique au service de l'action sociale et politique à Toulouse. 2014. Thèse de doctorat. Université de Bordeaux.

GREVE, Martin. Die Musik der imaginären Türkei: Musik und Musikleben im Kontext der Migration aus der Türkei in Deutschland. Metzler, 2003.

GROSS, Joan, David McMurray and Ted Swedenburg. 1992. « Rai, Rap, and Ramadan Nights: Franco-Maghribi Cultural Identities ». Middle East Report 178:11-16,24.

HAMMOU Karim, Une histoire du rap en France, Paris, La Découverte, 2012.

HUQ, Rupa, « Rap à la française: Hip-hop as Youth Culture in Contemporary Post-colonial

France », in : Transitions of Youth Citizenship in Europe: Culture, Subculture and Identity, éd. par Andy Furlong et Irena Guidikova, 41-60. Strasbourg: Council of Europe

Publishing, 2001.

KAPCHAN, Deborah, « Learning to Listen: The Sound of Sufism in France », The World of Music 51, no. 2, 2009, p. 65-89. 

LABORDE Denis,  « Création musicale, World Music et diversité culturelle : la musique comme outil d’intelligibilité anthropologique », Transposition [En ligne], Hors-série 1 | 2018

LABORDE Denis, « La musique pour s’entendre? Politique et migration dans les métropoles occidentales », in BACHIR-LOOPUYT, Talia, DAMON-GUILLOT, Anne ; (dir.), Une pluralité audible ? Mondes de musique en contact, Tours, PUFR, 2018.

MAHFOUFI Mehena, CHEVALIER Sophie, Les pratiques musicales au sein des communautés issues de l’immigration. Deux exemples : la communauté portugaise à Paris et dans la région parisienne, la communauté maghrébine à Lyon et sa région, Paris, Société Française d’Ethnomusicologie, 1993.

MARRANCI, Gabriele. “A Complex Identity and Its Musical Representation: Beurs and Raï Music in Paris”. Music and Anthropology 5, 2000.

MILIANI, Hadj, « Diasporas musiciennes et migrations maghrébines en situation coloniale », Volume !, 12, 2015/1.

OLSEN, Dale A., « Music of Immigrants groups », in Olsen D. A. et Sheehy D. E. dir., Garland Encyclopedia of World Music, vol. 2, part. 2 (« Issues and processes in the Music of South America, Mexico, Central America, and the Caribbean »), Routledge, 1998.

PARDO, Martial ; MAHJOUBA, Mounaïm, Le tour du monde en 25 voisins : musiques et récits de l’immigration en Basse-Normandie, de 1914 à nos jours, Paris, Actes Sud, 1998.

PEREIRA Victor, « Chanson et immigration portugaise en France : une musique du retour ?», Volume ! [En ligne], 12 : 1 / 2015, mis en ligne le 24 novembre 2015, dernière consultation le 30 mars 2017. URL : http://volume.revues.org/4601

PREVOT Nicolas, « Ethnomusicologie et recherche-action ; Le patrimoine musical des Nanterriens », Cahiers d’ethnomusicologie, 29, 2016, p. 137-156.

RAIBAUD Yves, « Les Musiques du monde à l’épreuve des études postcoloniales »,Volume!, 6 : 1-2, 2008, 5-16.

SUZANNE, Gilles, « Musiques d’Algérie, mondes de l’art et cosmopolitisme », Revue européenne des migrations internationales, 25, 2009/2.

WONG, Deborah, Speak it Louder: Asian Americans Making Music, London: Routledge, 2004.

Cette rubrique recense quelques publications des membres : livres, disques, outils multimedia, etc. Les travaux financés par la Société sont distingués dans la rubrique Publications.

Cette rubrique contient des appels pour des colloques, des publications collectives, des concours, des postes à pourvoir.

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