Collection « Histoire des sciences humaines », L’Harmattan. 

L’ethnomusicologie est souvent définie comme la discipline qui étudie les pratiques musicales considérées comme exotiques ou populaires. En France, ce domaine de savoir fut institutionnalisé en 1929, quand André Schaeffner intégra le Musée d’ethnographie du Trocadéro pour y fonder un Service d’organologie et devenir ainsi le responsable des instruments de musique présents dans les collections. En 1961, un séminaire consacré à l’ethno­musicologie était fondé au sein de l’École pratique des hautes études et illustrait particulièrement la dimension collective de ce savoir.

Entre ces deux dates, l’histoire du domaine révèle des différenciations successives.  Sur le plan institutionnel, la double fondation du Musée de l’Homme et du Musée des arts et traditions populaires en 1937 fut ainsi l’origine d’un partage durable entre l’étude des musiques « traditionnelles » de tous les continents et celle des musiques populaires françaises. Sur le plan méthodologique, la nature des relations avec les informateurs ou par ailleurs l’importance respective accordée à l’observation ethnographique ou à l’enre­gistrement sonore devaient déterminer les contours de différents projets scientifiques. Plus globalement, l’évocation des travaux d’André Schaeffner, de Gilbert Rouget, de Claudie Marcel-Dubois ou de savants en marge des institutions parisiennes est donc l’occasion de comprendre les façons diverses dont les pratiques musicales furent étudiées.

En distinguant plusieurs modes d’accès à la connaissance des musiques découvertes à travers le monde, cet ouvrage analyse et contextualise l’évo­lution de l’ethnomusicologie, à partir d’une documentation le plus souvent inédite et en renvoyant régulièrement à des archives sonores.

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