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Un CD Ocora Radio France

LOS GAITEROS DE PUNTA BRAVA :
Sixto Silgado Paito, gaita femelle et voix soliste
Urián Sarmiento, gaita mâle, maraca et chœurs
Martin Oullié, tambour llamador
Daniel Silgado el Nane, tambour alegre
Joanis Silgado el Corzo, tambora et chœurs.

Sixto Silgado Paíto est le représentant d’une musique de gaitas (une flûte droite accompagnée des tambours alegre, llamador et tambora) vive et dynamique, qui a su préserver son expression d’origine tout en la nourrissant de sa sensibilité. Aujourd’hui revendiquée comme le résultat direct de la rencontre entre les trois peuples majoritaires de Colombie (Blancs, Noirs et Indiens), la musique de gaitas connaît une remarquable renaissance.

Clip de "La Dormilona", porro interprété dans le disque:

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Gaitero, agriculteur et artisan, Sixto Silgado Paíto est originaire d’un village «noir» des savanes des Montes de María sur la côte atlantique colombienne. Prolongeant la cordillère des Andes au nord du pays, cette chaîne montagneuse forme le cœur de la tradition de gaitas et de tambours de la Colombie. Paíto est l’un des derniers joueurs de gaita dont le style, le répertoire et l'esthétique sont restés très proches des genres musicaux «afro» originaires de la région.

Bien que le terme gaita désigne la cornemuse en Espagne et en Bulgarie, ainsi qu’un hautbois en Afrique du Nord, il s’agit en Colombie d’une flûte droite taillée à partir du cœur d’un cactus. La gaita se singularise par une facture héritée des peuples indiens de la Caraïbe : une tête faite d’un mélange de cire d’abeille et de char-bon végétal dans laquelle est inséré un calame (tube où souffle le gaitero) issue d’une plume de dinde, de canard ou de paon. On la joue en couple, mâle et femelle. Autre grand héritage indien, la gaita mâle est toujours jouée en association avec un hochet (maraca ou maracón) fait d’une calebasse vidée et remplie de graines séchées. Le machero joue d’une main la flûte et de l’autre la maraca.

Les gaitas sont accompagnées de trois tambours : l’alegre («joyeux»), le llamador («celui qui appelle») et la tambora. Les deux premiers sont joués avec les mains, sur une peau. Ils constituent «l’élément africain» par excellence. Le llamador est beaucoup plus petit que l’alegre, mais ils diffèrent surtout par leur fonction : le llamador porte l’ensemble, son jeu sobre et invariable appelant à la mesure en frappant le contretemps. Il s’oppose à l’alegre, dit joyeux car «bavard» : ce dernier exploite une grande variété de timbres et de motifs rythmiques, multipliant les divisions métriques. Dans le discours local, le llamador est le tambour mâle alors que l’alegre est femelle. Ce dernier entretient une relation très étroite avec la gaita femelle : «ils se cherchent mutuellement», dirait Paíto. La tambora (tambour à deux peaux percutées avec des baguettes) semble provenir d’Europe et n’est utilisée dans cette musique que depuis les années 1960.

Natalia Parrado

fiche détaillée

http://sites.radiofrance.fr/radiofrance/kiosque/fiche.php?id=2110

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