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L'association Origin' organise chaque année le festival africaphonie, qui propose également une conférence.
Cette année les ethnomusicologues seraient les bienvenus. Il s'agit de mettre en exergue les musiques et danses de révoltes...
Pour la tenue de cette conférence, nous aurions besoin de contributions d'artistes et d'universitaires afin de concilier des visions a priori antagonistes mais qui pourraient en fait se compléter. L'expérience de l'artiste engagé ou pas et celle du scientifique (sociologue, historien, musicologue, ethnologue, ...) qui portent deux langages et deux approches.Laissez-moi vos propositions à l'adresse email à la fin du document.
Stéphanie Melyon-Reinette Coordinatrice de la conférence.
Rétrospective Africaphonie ou les voix de l’Afrique. Polyphonies nègres. Notre festival ambitionne de délivrer les voix des descendants de la Diaspora Africaine, quelles que soient les voies qu’elles élisent, quels que soient les tons, les rythmes, les idées qu’elles emploient. De l’Afrique (Sénégal, Bénin, …) aux anciennes colonies caribéennes (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion), tous ces peuples réunis – à travers leurs identités nègres, négristes, césairiennes ou price-marsiennes – tendent vers l’Autre, Paris, des bouches désireuses de livrer leur message et leur vibes ; des mains généreuses, à la peau cuite à force de caresser la peau du tambour (djembé, ka, …) en quête d’oreilles et d’yeux tendus en retour. Partage. Emotion. Mais aussi l’esprit. Depuis sa création par l’association Origin’ et sa première édition en 2007, Africaphonie invite au voyage avec des concerts-transhumances : avant que nos âmes ne s’assèchent, Africaphonie leur offre d’autres pâturages à ceux qui se déplacent en masse pour se nourrir culturellement ou pour retrouver leurs origines. Cette nourriture musicale est des plus variées, des quatre coins du monde, les polyphonies nègres : La première édition a eu lieu en 2007 à la Bellevilloise, et la seconde édition, en 2008, au Cabaret sauvage. Origin’ a proposé à travers son festival diverses manifestations et médias de diffusion et de valorisation des expériences « nègres ». Festival de court-métrages, débats, conférences-débats, ateliers (musique, danse) et concerts. La troisième édition, en 2010, à la Bellevilloise, s’est déclinée en deux parties : une conférence-débat intitulée « La Diaspora Africaine 1960-2010 : construction d’une identité afro-française ? ». Une question importante est posée – alors que la France entière est exhortée par le gouvernement à définir l’Identité Nationale – « Et l’identité Afro-française ? ». Entre la célébration des Abolitions de l’Esclavage – qui est coutume et figure de proue ou leitmotiv – et celle du cinquantenaire des Indépendances Africaines, il fallait revenir sur ces cinq décennies de décolonisation et de réappropriation de soi de ces anciennes colonies françaises. Le concert qui a suivi réunissait : Milk Coffee and Sugar, Lord Ekomy Ndong, Valérie Belinga, Hermann (Guadeloupe), Elsa Martine (Guyane), ou encore Erik (Guadeloupe).
Africaphonie invite à projeter des idées, à débattre, à s’interroger sur des questions inhérentes à nos sociétés et diasporas. En 2011, le débat se voudra pluriel et éclectique, par ses formes, ses intervenants, et les démonstrations qui y seront faites. Ce débat sera un cercle qui réunira, sur une journée, des artistes, des universitaires, des intellectuels. Nous voulons que le débat soit un ensemble de regards et de discours croisés sur les questions abordés, entre expertises universitaires, expertises de recherche, musicologues, art-thérapeutes, musiciens, danseurs-chorégraphes, etc. Des musiciens et des danseurs ? Pourquoi ? Car l’objet de cette conférence concernera les musiques et les danses de révoltes. Il est vraisemblable que certains artistes ont produit des musiques et styles, voire des tendances, résultant du contexte sociopolitique qui les a vu naître – que ce soit leur musique ou eux-mêmes. D’ailleurs, Amiri Baraka (LeRoi Jones) qui écrit sur le Jazz (Black Music in White America) démontre comment cette musique universelle aujourd’hui a évolué et a opéré des mutations, entre courants européocentristes (produits par les Etats-uniens de type européens) et afrocentristes (par des Noirs), entre réappropriation et aliénation, entre action et réaction. Du smooth jazz au free Jazz, du swing au Bebop, des chants de travail au gospel, etc. Un continuum fait de brisures et de rabibochages pour une musique vivace, vivante et organique.
Période / Types de musique et de danse Esclavage Traditionnelles (Rara Gwo ka Maloya Bèlè... ) = Marronnage physique 1930-1960 : Décolonisation Contemporaines (Jazz, Reggae, Afro-beat, hip hop...) = Marronnage intellectuel 1990-2000s: « Urban-Roots » (Hip Hop Ka, Trip Hop , Soul Kreyol, Nvx courants ...) = Marronnage culturel
La conférence du mois de mai 2011 visera, encore et toujours, à commémorer les abolitions de l’esclavage, et cela, autour des musiques (et danses) de révolte, et à travers le concept de marronnage et les expressions artistiques « nègres ». Dumarronnage physique (musiques et danses traditionnelles, percussions, peau) au marronnage culturel (musiques & danses « urban roots », 21ème siècle) en passant par le marronnage intellectuel (musiques et danses contemporaines, 20ème siècle), nos expressions artistiques seraient imbriquées avec nos déterminations, nos positionnements, nos engagements. Les musiques et danses de révolte et leurs contextes d’émergence. - Comment ces musiques de révolte sont-elles apparues ? Analyse des contextes sociologiques et/ou sociopolitiques. - La musique/la danse peut-elle être vue comme un levain de la révolte ? - Quel est le discours musical, instrumental ? (ethnomusicologie, musicologie, musicien, danseurs, anthropologie de la danse…) - Le corps du « marron » : un processus discursif qui s’oppose à l’ordre établi ? un corps en opposition ?
Le « marronnage » : devenir nègre ? Revendiquer sa négritude ? - Qu’est-ce qu’un marron ? Il y a un siècle et demi ? Au siècle dernier ? Aujourd’hui ? - Les grandes périodes de revendication identitaire, raciale et culturelle ? - Les musiciens de cette époque se considèrent-ils comme des « marrons » ? Des révoltés ? Des révolutionnaires ?
Musique & Danse : exutoires des frustrations sociales et historiques et/ou instruments de lutte ? - Quel est le lien entre danse et musique dans ces expressions marronnes ? - Danse et musique ne sont-elles pas imbriquées ? Intrinsèques ? - Dans quelle mesure les artistes participent-ils au processus politiques ? Y a-t’il un engagement hors du champ artistique ? - Y a-t-il eu des artistes impliqués dans les processus démocratiques, politiques, communautaires ? Des artistes précurseurs, pionniers, leaders politiques ?
La conférence aura lieu le 10 mai 2011, à Le Comptoir Général à Paris. Les premiers actes d’Africaphonie seront publiés cette année. Nous nous intéressons à tous les pays, départements, îles appartenant à la diaspora africaine (Afrique, DOM, Afrique du Nord, …). Il s’agit de laisser une trace pérenne et un référentiel à la portée de tous, universitaires et tout venant. Pour toute contribution (universitaire) et quelles que soient votre spécialités ou expertise, envoyez nom, prénom, spécialité/expertise, titre, institution de rattachement, un résumé de 150 mots (anglais, français) à Dr. Stéphanie Melyon-Reinette (voir coordonnées ci-après). Pour les artistes désireux de participer aux panels de la conférence : style musical/chorégraphique et profession (chanteur, musicien, chorégraphe, etc.), nom de la compagnie ou du groupe à Stéphanie Melyon-Reinette (voir coordonnées ci-après). Date limite d’envoi : avant le 1er mars 2011. Dr. Stéphanie Melyon-Reinette : smr_3@hotmail.com.
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