Offres et appels

Cette rubrique contient des appels pour des colloques, des publications collectives, des concours, des postes à pourvoir.

Collecter, conserver, exploiter les musiques de tradition orale en France
et en Europe : « l’âge patrimonial » (c. 1970- c. 2000) 

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MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée),
Marseille, 9-11 janvier 2019

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Organisé par :

CIRIEF (Centre International de Recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France),

Ethnopôle – CIRDOC-InOC (Centre International de Recherche et Documentation Occitanes)

LAHIC (Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Institution de la Culture, IIAC, EHESS-CNRS)

en partenariat avec le Mucem

Ce colloque souhaite explorer le mouvement de collectes orales qui s’est exprimé dans le champ des musiques – et des danses – dites traditionnelles en France et Europe, depuis l’entrée dans l’ère revivaliste (généralement, aux environs du début de la décennie 1970, parfois une ou deux décennies auparavant) jusqu’à l’ère post-revivaliste (seconde moitié des années 2000, environ) (Bithell, Hill, 2014).

Avant  même  l’apparition  et  le  triomphe  de  la  patrimonialisation  onusienne  de l’ « immatériel », des musiciens, danseurs, acteurs culturels se sont fait les praticiens de l’enquête orale, notamment en raison de la démocratisation de l’accès au matériel d’enregistrement. Au départ, davantage tournées vers le recueil militant de la mémoire orale, avec le triple objectif de la réhabilitation de la dignité des cultures musicales paysannes, de leur valorisation artistique et de leur restitution, ont été entreprises, soit à l’échelle individuelle, soit dans un cadre associatif, des collectes d’une ampleur exceptionnelle, d’ailleurs non limitées aux pratiques du chant et de la danse mais incluant aussi la facture instrumentale, ce qui a provoqué en retour un « revival » organologique toujours très vigoureux.

Ainsi, en France où le parcours, en rien exemplaire, appelle le parallèle et la mise en perspective, alors que le mouvement s’est développé à partir du milieu des années 1960, on a assisté à la création de structures associatives, locales ou régionales, dans les années 1970 et 1980 et à la naissance de fonds documentaires structurés et gérés par elles. À la toute fin de la décennie 1990 (Charles-Dominique, Defrance : 2008), la Fédération des associations de musiques et danses traditionnelles (FAMDT), qui coordonnait déjà plusieurs de ces centres de documentation (essentiellement des phonothèques), a été désignée « pôle associé » de la Bibliothèque nationale de France. Ce mouvement s’est accompagné d’une forte reconnaissance institutionnelle du secteur des musiques et danses traditionnelles, dans les années 1980 et 1990, par le ministère de la Culture, puis par les collectivités territoriales (Fabre, Gasnault, Le Gonidec : 2015-2016). Dans le même temps, les fruits des collectes ont acquis le statut d’archives sonores, leur conservation et leur valorisation devenant une préoccupation et un nouvel enjeu. À bien des égards, la chaîne opératoire que l’on constate dans la mise en patrimoine des musiques et danses traditionnelles a préfiguré la « chaîne patrimoniale » (Jacquelin. Cf. Fabre, 2000 : 13) des récentes entreprises de patrimonialisation de l’immatériel.

Un autre aspect de ces collectes revivalistes est qu’elles se sont souvent inscrites dans des mouvements régionalistes et néo-ruralistes, sans doute parce que « parmi les identificateurs à forte portée communautaire, la musique et le chant occupent aujourd’hui le premier rang » (Bromberger, Meyer, 2003 : 358). Cette ethnomusicologie « de soi », « chez soi », voire « pour soi », a contribué à hypostasier et peut-être à survaloriser le terrain, avec la tentation de l’inscrire dans la notion d’« aire culturelle », laquelle est parfois renforcée par celle d’ « aire linguistique ». Or, cette territorialisation, parfois pensée en terme d’isolats culturels,  est  au  cœur  de  la  patrimonialisation,  surtout  dès  lors  qu’il  est  question d’ « inscription » sur les listes du Patrimoine culturel immatériel. Cependant, les tendances localistes et essentialistes qui leur sont généralement associées ne sont pas spécifiques au domaine européen, ni même à l’ethnomusicologie. L’anthropologue américain Robert Redfield (1897-1958) rappelait que « la communauté isolée, autochtone, reste l’image abstraite autour de laquelle l’anthropologie sociale s’est formée ».

D’autre part, l’ « âge patrimonial » auquel ce colloque s’intéresse a été traversé, lui aussi, par les notions d’urgence et de sauvegarde, déjà au cœur du discours des collecteurs romantiques et folkloristes du xixe et du début du xxe siècle (on parlait alors de recueillir et conserver), et que l’on retrouva ensuite chez de très nombreux ethnomusicologues, comme Claudie Marcel-Dubois qui, au sein du Musée national des Arts et traditions populaires (Mnatp), de l’après-guerre jusqu’au début des années 1980, pratiqua une ethnomusicologie d’urgence, intensive. Gilbert Rouget a résumé – et partagé – cette préoccupation en écrivant que « le plus impérieux devoir de l’ethnomusicologie est de recueillir le plus grand nombre possible d’enregistrements musicaux » (Rouget, 1968 : 336). De la sorte, depuis environ un siècle et demi, avec une égale constance, s’est forgé, développé et perpétué ce que Daniel Fabre a appelé le « paradigme des derniers ».

Ce colloque propose donc d’interroger, en France comme en Europe, le mouvement d’enquête des musiques - et des danses – traditionnelles dans toute sa diversité, ainsi que les trajectoires de chercheurs, qu’elles soient revivalistes ou académiques.

En premier lieu, il s’agira de réfléchir aux modalités d’avènement et aux déclinaisons de cet « âge patrimonial », à commencer par les contextes social, politique, culturel, sociétal mais aussi technologique qui le sous-tendent. Dans les années 1960 et 1970, qu’est-ce qui préside à la vocation ethnomusicologique ? De quelle façon cela se manifeste-t-il ? Par ailleurs, si le développement et la démocratisation des techniques d’enregistrement sonore et de captation visuelle semblent évidents dans l’autonomisation et le développement d’une collecte non académique, quelles en sont les modalités et les époques ? En amont – voire en aval – de la collecte, de quelle façon les modes de consommation induits par les productions de l’industrie discographique ont-ils pu agir sur le comportement, voire l’avènement d’un nouvel habitus de l’enquêteur-collecteur ? Au-delà de cette protohistoire, il s’agira de cerner les productions de ce mouvement ainsi que la négociation qui s’est opérée vers une issue qu’on pourrait qualifier de « post-patrimoniale ».

Un autre objectif est d’explorer les interactions entre individus et organisations, les réseaux et mobilités à l’œuvre, tant aux plans local que national voire international, en les situant d’un point de vue chronologique – rencontres fondatrices et enchaînements dessinant parfois des générations très rapprochées et pourtant distinctes. Parmi ces interactions, quelles sont celles qui ont existé – et précisément à quelles époques ? – et celles qui existent encore entre chercheurs académiques et collecteurs revivalistes ? En particulier, sur les terrains français, comment le mouvement associatif de collectage s’est-il construit et développé en regard de l’institution muséographico-scientifique de référence qu’a constitué le Mnatp ? Au-delà, quels rôles ont pu jouer l’ex-Phonothèque nationale, certaines structures muséographiques régionales et, à partir des années 1980, un certain nombre de services départementaux d’archives, dans l’édification de cet « âge patrimonial » revivaliste ? Ces spécificités institutionnelles mises à part, peut-on déceler des similitudes, et/ou des contrastes également marqués, dans les trajectoires des revivals des autres pays européens ?

Enfin, la relation des chercheurs/chercheuses au terrain (et vice-versa) constitue un élément central de la problématique ethnographique. Entre revivalisme et recherche académique, qu’est-ce qui est en jeu dans cette quête ? Quels en sont les objets ? Quelle est la relation de l’enquêteur aux êtres qui l’accueillent, quel est le « pacte ethnographique » (Fabre) qui s’instaure avec l’enquêté.ée ? Entre quête d’un « son » – un « son-monde » ? – et d’un « individu-monde » (Fabre), quelles priorités se dessinent-elles, et pour quelles recherches ? Dans quelles temporalités ou dans quels contextes ? Dans ce cheminement, quel enjeu personnel se joue-t-il pour l’ethnographe ?

Construit en fonction de ces trois axes problématiques, le programme du colloque alternera des sessions de communications avec des tables rondes favorisant les témoignages et prises de parole des protagonistes.

La participation au colloque est gratuite.

Les propositions d’intervention (résumé de 3000 signes maximum, titre inclus, et complété par un court CV, sont à envoyer avant le 3 septembre 2018 à :

l.charles-dominique@wanadoo.fr.

Comité d’organisation :

Jean-Jacques CASTÉRET (Ethnopôle CIRDOC-InOC)

Luc CHARLES-DOMINIQUE (Université Nice Côte d’Azur)

Aude FANLO (Mucem)

François GASNAULT (IIAC-LAHIC)

Cyril ISNART (IDEMEC, AMU-CNRS)

Raffaele PINELLI (doctorant Universités Nice Côte d’Azur et La Sapienza-Rome)

Comité scientifique :

Jaume AYATS i ABEYÀ (Musée de la Musique de Barcelone)

Marlène BELLY (Université de Poitiers)

Jean-Jacques CASTÉRET (Ethnopôle CIRDOC-InOC)

Luc CHARLES-DOMINIQUE (Université Nice Côte d’Azur)

François GASNAULT (IIAC-LAHIC)

Francesco GIANNATTASIO (Université La Sapienza-Rome)

Giovanni GIURATI (Université La Sapienza-Rome)

Cyril ISNART (IDEMEC, AMU-CNRS)

Denis LABORDE (Centre Georg Simmel, EHESS-CNRS)

Marie-Barbara LE GONIDEC (IIAC-LAHIC)

Ignazio MACHIARELLA (Université de Cagliari)

Raffaele PINELLI (doctorant Universités Côte d’Azur et La Sapienza-Rome)

Call for Papers

British Forum for Ethnomusicology Annual Conference

The Elphinstone Institute, University of Aberdeen, Scotland

11-14 April 2019

Keynote speaker:

Professor Mellonee Burnim

Indiana University

 

www.bfe2019.wordpress.com

As with all BFE Annual Conferences, we welcome papers and panels on any aspect of current ethnomusicological research. 

The 2019 theme will be Collaborative Ethnomusicology

In recent years, the focus of ethnomusicological research and dissemination has become increasingly centred on the ways in which ethnomusicologists have been able to work in collaboration with the practitioners who they study. This has also had an effect on the ways in which research findings are presented. Is it still acceptable to focus solely on the academic monograph or article publication, or should we be paying more attention to presenting our research to a wider audience, in more accessible formats and language? How have we, as ethnomusicologists, been bridging the gap between the academic and performance contexts in which practitioners operate, and in what ways have we successfully given back to the communities in which we have conducted fieldwork? The aim of this conference is to discuss the ways in which we have, and can, collaborate with practitioners, cultural groups, and academics. What kinds of issues might come into play regarding power relations and hierarchy, and how has reciprocity featured within and as a result of these collaborations? How have we moved beyond the academy and the discipline in terms of collaboration and dissemination, and how have we moved forward in terms of conducting fieldwork and negotiating our roles as both researchers and performers? As well as dealing with issues concerning the dissemination of research and fieldwork collaborations, this conference will also consider the idea of collaboration and music much more broadly. How might we approach, understand and theorize intercultural collaborations? What can we learn from less successful attempts at collaboration, and projects aimed at a commercial market?

We invite you to submit proposals for papers, panels, roundtables, posters, and films on any aspect of ethnomusicological research. We particularly invite proposals that focus on:

  • Collaborative fieldwork 
  • The ethnomusicology of exchange
  • Ethnomusicology and reciprocity
  • Dissemination of material beyond academia
  • Reflections on working as both a performer and researcher in the field
  • 'Doing' fieldwork
  • Intercultural music projects and the politics of collaboration 
  • Collaboration in the 'world music' industry 
  • Ethnomusicology and advocacy
  • The role of the archive as a repository of community memory
  • Successful and unsuccessful collaborations
  • Practice-based research and collaboration with performers
  • The place of performance in ethnomusicology
  • Interdisciplinary collaboration

DEADLINE FOR SUBMISSIONS IS 14 SEPTEMBER 2018. (submit paper proposals to bfeaberdeen2019@gmail.com). Successful applicants will be notified in October. Please note that all presenters must be members of the BFE ( https://bfe.org.uk/join-bfe)

Proposals are invited for:

  • Papers (20 minutes with 10 minutes for questions)
  • Collaborative presentations (or combination of two papers, one from an ethnomusicologist and one from a practitioner they work with)
  • Panels (3 or 4 linked papers around a theme, totalling 1.5 or 2 hours)
  • Round tables (3 or 4 shorter presentations, around 15 minutes each, followed by a chaired discussion, totalling 1.5 or 2 hours)
  • Lightening talks (7-minute unscripted talks, usually accompanied by slides)
  • Posters
  • Films or other media presentations

 Paper and panel abstracts should be submitted to bfeaberdeen2019@gmail.com. Use the following formats to enable anonymous review:

  • Paper proposals: include the name and email address of the proposer, paper title, and abstract (the latter not exceeding 250 words). The name of the proposer should not appear in the body of the abstract.
  • Organised session proposals: include the names and email addresses of the proposer and the other participants, a title and overall abstract for the session (not exceeding 250 words), and abstracts for each contributor (no more than 250 words each). The names of the proposer and participants should not appear in the body of the abstracts.
  • Roundtable proposals: include the names and email addresses of the proposer and the other participants (the proposer will be assumed to be the chair unless stated otherwise), a title and overall abstract for the roundtable (not exceeding 250 words), and abstracts for each contributor (no more than 250 words each). The names of the proposer and participants should not appear in the body of the abstracts.
  • Poster proposals: include the name and email address of the researcher, poster title, and a description of the material to be presented (not exceeding 250 words). The name of the proposer should not appear in the description.
  • Proposals for films or other media presentations: include the name and email of the proposer, title of film/presentation, abstract (not exceeding 250 words), and length of film/presentation. The name of the proposer should not appear in the body of the abstract.

BFE Student Prize and Bursaries

Student presenters are encouraged to submit their papers for the BFE Student Prize (https://bfe.org.uk/bfe-student-prize), awarded annually for the best student paper presented at the BFE annual conference. Students may also apply for a BFE Bursary to assist with the cost of attending the conference. Details concerning the prize and bursaries will be circulated closer to the conference date.


La direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture reconduit en 2018 le dispositif de soutien, lancé pour la première fois en 1980, à la réalisation de films documentaires en anthropologie et patrimoine culturel immatériel de la France.

Les projets présentés, d'une durée de 24 mois maximum à compter de la notification, doivent concerner le territoire français, hexagonal et ultra-marin, soit exclusivement, soit dans le cadre d'une approche comparative.

Le jury de sélection se tiendra le lundi 8 octobre 2018.

Accéder au texte de l'appel à projets et à la liste des pièces à fournir :

http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Patrimoine-ethnologique/Soutien-a-la-creation-audiovisuelle/Appel-a-projets-de-films-documentaires 

 

Date-limite des candidatures : lundi 1er octobre 2018

La Maison des Cultures du Monde 

Association loi 1901 d'intérêt généralwww.maisondesculturesdumonde.orgwww.cfpci.fr

RECRUTE

UN/UNE CHARGÉ(E) DE PROGRAMMATION ET DE DIFFUSION 

Poste en CDI basé à Vitré (35)

 

MISSIONS

Sous l’autorité de la directrice, la personne recrutée sera chargée:

- d'apporter son conseil artistique, de rechercher et proposer des spectacles et des formes d'expressions culturelles pour le Festival de l'Imaginaire;

-de contribuer activement à la diffusion des spectacles et au développement du réseau de partenaires, en France et à l'international;

-d'assurer la coordination des projets de programmation, en lien avec les artistes, les chercheurs, les collaborateurs et les salles, et de contribuer à leur réalisation;

-de rédiger les documents de présentation pour la programmation et la diffusion (fiches, programmes...);

-en lien avec l'équipe, de participer au développement des manifestions culturelles et des activités de médiation autour du festival et des fonds de l'association;

-de participer à l'ensemble des activités permettant le bon fonctionnement de la structure et l'organisation du festival.

 

PROFIL RECHERCHÉ 

- BAC + 5 

- Expérience dans la programmation, l'organisation et la diffusion de spectacles et de manifestations culturelles

- Excellentes aptitudes rédactionnelles et relationnelles

- Parfaite maîtrise du français et de l'anglais.Autre langue également appréciée.

- Grande curiosité, intérêt pour les expressions traditionnelles et le patrimoine immatériel

- Goût du travail en équipe, autonomie, rigueur, capacités d'adaptation et polyvalence  

- Permis B 

- Ce poste exige un fort investissement personnel et une grande disponibilité. 

 

CONDITIONS D'EMPLOI ET DE RÉMUNÉRATION

- Rémunération : selon la convention collective des Entreprises Artistiques et Culturelles (cadre -groupe 4) et selon expérience

- C.D.I. à temps plein basé à Vitré (déplacements à prévoir), à pourvoir dès que possible. 

Date limite de candidature: samedi 31 août 2018

Les candidatures, sous forme de lettre de motivation accompagnée d’un CV, doivent être adressées par mail uniquement à Madame Séverine Cachat, directrice: recrutement@maisondesculturesdumonde.org

http://www.maisondesculturesdumonde.org/recrutement

Appel à posters 

Les sciences de la musique : de nouveaux défis dans une société en mutation. 

Symposium commun SFM–SFE–SFAM–AFIM

Vendredi 18 et samedi 19 janvier 2019 Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord

Date limite de soumission : 28 octobre 2018

Organisé conjointement par la Société Française de Musicologie (SFM), la Société Française d’Ethnomusicologie (SFE), la Société Française d’Analyse Musicale (SFAM) et l’Association Francophone d’Informatique Musicale (AFIM) – classées ici par ordre d’ancienneté –, et avec le soutien du ministère de la Culture, le symposium intitulé « Les sciences de la musique : de nouveaux défis dans une société en mutation » entend questionner et repenser les sciences de la musique dans toute leur diversité au regard des profonds changements qui transforment notre société en ce début de XXIe siècle. Au travers d’une réflexion ancrée dans les diverses pratiques de recherche de ces quatre sociétés savantes, il s’agira de mettre en évidence la place et le rôle des savoirs prenant la musique pour objet dans le contexte général des mutations qui affectent la science, l’art et la culture d’aujourd’hui. Ce symposium vise à rassembler, autour des membres des quatre sociétés savantes et sur la base de problématiques communes, toutes celles et tous ceux qui s’intéressent aux savoirs musicaux dans leur diversité (chercheuses et chercheurs, enseignantes et enseignants, musiciennes et musiciens, compositrices et compositeurs, étudiantes et étudiants, etc.), dans une perspective à la fois interdisciplinaire, interinstitutionnelle et internationale. Il s’adresse en particulier aux professionnels de la musique exerçant dans différentes régions de France, aussi bien dans les milieux de l’enseignement général, spécialisé et supérieur de la musique que dans d’autres secteurs (industrie musicale, édition musicale, etc.). Une place privilégiée sera accordée aux nouvelles générations de chercheuses et chercheurs, de praticiennes et praticiens, tant pour la présentation de leurs travaux que pour leur participation aux différentes séances de discussion. Quatre principaux axes de réflexion seront développés et discutés dans le cadre de ce symposium. Chacun de ces axes sera décliné en variant les formats de présentation : conférences, communications, tables rondes, concerts-lectures, démonstrations, ateliers, etc., avec différents intervenants invités sur proposition des quatre sociétés. Une session posters sera également organisée.

Axe 1 – Approches et pratiques des sciences de la musique Sous la dénomination de « sciences de la musique », comme sous celle

certainement plus commune – de « musicologie », cohabitent des approches et des pratiques de recherche multiples. Ce premier axe vise à proposer quelques perspectives introductives sur la situation actuelle des recherches en musicologie, ethnomusicologie, analyse musicale et informatique musicale, et à les situer dans l’horizon plus large des savoirs scientifiques prenant la musique pour objet. Outre un rappel historique sur les contextes d’émergence et l’évolution des quatre sociétés savantes centrées sur ces différentes perspectives et spécialités disciplinaires, il s’agira de dresser un état des lieux de chacune de ces approches, en rendant compte de leurs spécificités – tant en termes de méthodes que de répertoires – tout en tâchant de dégager un certain nombre de principes et de présupposés communs. Qu’est-ce qui fonde l’identité des quatre sociétés savantes et dans quelle mesure les approches et pratiques qui les sous-tendent sont-elles susceptibles de faire preuve d’une certaine perméabilité ? Au-delà de cette idée de délimitation à l’intérieur même des sciences de la musique, il s’agira également d’interroger les principes de démarcation des diverses approches et pratiques des sciences de la musique dans un contexte interdisciplinaire : de l’acoustique aux sciences sociales, en passant par la philosophie, les études culturelles, les mathématiques, l’informatique ou encore les neurosciences, comment les chercheuses et les chercheurs émanant des sociétés savantes, ou s’identifiant avec les approches et pratiques de ces dernières, se positionnent-ils dans le monde scientifique actuel ? Dans quelle mesure leurs travaux permettent-ils de repenser des distinctions plus générales, notamment entre sciences humaines et sciences exactes, ou encore entre sciences de la nature et sciences de la culture ?

Axe 2 – Sciences de la musique et pratiques musicales d’aujourd’hui : quelles interactions ?

Le domaine des sciences de la musique et celui des pratiques musicales – incluant l’interprétation, la composition, la création musicales – ont parfois pu être envisagés comme des mondes séparés. Ce deuxième axe se propose donc d’interroger leurs modes d’interactions possibles, à la lumière des expériences et des travaux développés dans le cadre des sociétés savantes. Dans quelle mesure les résultats des recherches que ces dernières encouragent possèdent-ils des implications – des applications – plus ou moins directes sur les pratiques musicales d’aujourd’hui ? Il sera notamment intéressant de considérer l’impact de travaux relevant de l’édition critique, de la génétique des œuvres, de l’enquête ethnographique ou encore de l’analyse musicale, tant sur les pratiques instrumentales et vocales que sur les pratiques d’écoute – sans limite de répertoires, de genres et de supports. Il s’agira également d’explorer les diverses formes d’interfaces entre recherche et création, telles qu’elles se matérialisent par exemple par le biais d’études de terrain, mais également au travers des innovations numériques qui soutiennent la création contemporaine et, de façon reliée, la recherche en sciences de la musique tout comme la conservation des œuvres. Comment le travail théorique mené dans le cadre des sciences de la musique sur les œuvres musicales – qu’elles soient notées ou non, éditées et/ou archivées – est-il susceptible d’être réinvesti dans le cadre d’une production artistique ? Et, de façon réflexive, comment une production musicale peut-elle elle-même devenir un objet de recherche à part entière, en favorisant la collaboration entre scientifiques et artistes ?

Axe 3 – Les sciences de la musique et leur utilité sociale Dans le contexte économique, politique et social actuel, la question de l’utilité sociale

des sciences de la musique se pose avec une acuité particulière. Ce troisième axe se donne pour objectif de questionner la circulation des savoirs scientifiques sur la musique à différents niveaux – entre les chercheuses et chercheurs eux-mêmes, avec différents types de publics (musiciennes et musiciens professionnels, amateurs, mélomanes) et plus généralement avec l’ensemble de la société. Au-delà des publications spécialisées, comment les résultats de la recherche fondamentale sont-ils diffusés et partagés avec un large public, incluant en particulier les musiciennes et musiciens en situation d’apprentissage, également les acteurs de l’industrie du spectacle et de l’enregistrement ? Il s’agira notamment d’interroger les modes de transmission et de partage des outils d’analyse, des documents et des ressources de différents types, en regard des communautés et des réseaux auxquels ils s’adressent et dans le contexte général de la révolution numérique. Une attention particulière sera accordée à la question des approches participatives avec lesquelles experts et non-experts travaillent ensemble à la construction de savoirs, de patrimoines et de créations. Il sera enfin essentiel d’interroger le statut de la recherche en sciences de la musique aujourd’hui : entre production du savoir d’une part, médiation culturelle et scientifique, formation, voire animation d’expériences de recherche avec différents publics d’autre part, comment redéfinir les contours d’une activité professionnelle en pleine mutation ?

Axe 4 – Les sociétés savantes face à l’internationalisation Dans un contexte sociétal au sein duquel l’espace scientifique comme l’espace musical

se pensent désormais au niveau mondial, ce quatrième axe vise à faire émerger les problématiques liées à la place et au rôle des sociétés savantes – et à travers elles des sciences de la musique développées en France – à l’international. Lorsqu’elles s’identifient comme « françaises », quelle attractivité exercent-elles auprès de spécialistes étrangers, notamment celles et ceux qui ont été formés en France et/ou qui exercent une activité professionnelle en France ? Et quels types de réseaux nationaux et internationaux s’attachent-elles à développer ? S’agissant de l’aspect linguistique, comment la francophonie est-elle susceptible de se conjuguer à l’international, dans un contexte au sein duquel la langue anglaise s’est imposée comme langue scientifique internationale ? Quels rapports les sociétés savantes entretiennent-elles d’ailleurs avec les langues étrangères elles-mêmes, avec la culture, les concepts et les traditions scientifiques qui leur sont propres, et notamment avec les modes de pensée et d’organisation dominants qui tendent à se généraliser ? Enfin, s’agissant des enjeux liés à l’engagement international des sociétés savantes, il s’agira de considérer les cadres formels dans lesquels les actions et coopérations internationales sont susceptibles de s’exercer (fédérations, associations, réseaux internationaux, etc.) et de mettre en évidence, en regard des approches et pratiques internationales, les spécificités françaises dans le domaine des sciences de la musique.

 

APPEL A POSTERS

Dans le cadre de ce symposium, une session posters permettra la présentation et la discussion de travaux individuels ou collectifs portant sur des sujets relevant soit de l’un des quatre axes du symposium, soit de l’interaction entre différents domaines des sciences de la musique – par exemple ethnomusicologie et histoire de la musique, informatique musicale et analyse musicale, etc. Les propositions de posters soumises par des jeunes chercheuses et chercheurs sont particulièrement encouragées.

Les posters seront affichés pendant toute la durée du symposium. Une session spéciale sera spécifiquement dédiée aux présentations de posters. Les présentations pourront éventuellement être complétées et illustrées par des documents ou des démonstrations sur écran. Les auteurs se chargeront dans ce cas d’apporter le matériel nécessaire (ordinateurs et éventuellement casques). Les présentations s’effectueront impérativement en présence du ou des auteur(s) du poster.

Format de présentation des posters : une affiche de format A0, transmise au format PDF. Les organisateurs du symposium se chargeront de l’impression des posters.

Voir par exemple : https://www.posterpresentations.com/html/free_poster_templates.html (modèles de posters en format A0).

Calendrier :

– Date limite de soumission des posters complets au format PDF : 28 octobre 2018 ;

– Date de retour du comité de sélection des posters, incluant d’éventuelles demandes de modifications des posters : 15 novembre 2018 ;

– Date d’envoi des posters définitifs au format PDF : 15 décembre 2018 ;

– Présentation des posters durant le symposium : 18 et 19 janvier 2019. Les posters seront envoyés à l’adresse suivante : lessciencesdelamusique@gmail.com

* * *

Comité d’organisation Florence Gétreau (SFM) Talia Bachir-Loopuyt (SFE) Nathalie Hérold (SFAM) Pierre Couprie (AFIM)

Secrétariat Olga Velitchkina

Comité de sélection des posters Florence Gétreau (SFM) Cécile Davy-Rigaux (Présidente de la SFM) Talia Bachir-Loopuyt (SFE) François Picard (Président de la SFE) Nathalie Hérold (SFAM) Jean-Pierre Bartoli (Président de la SFAM) Pierre Couprie (AFIM) Anne Sèdes (Co-présidente de l’AFIM)

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Document pdf - Appel à posters

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