Vie de la Société

Annonces ayant trait à la vie de la Société. Voir aussi la rubrique Activités.

À l'occasion de l'Assemblée Générale du 25 mars 2017, le Conseil d'administration de la Société a souhaité rendre hommage à ses fondateurs, qui constituèrent le tout premier Conseil en 1983. 

Étaient présent-e-s pour cette remise de médailles : Simha Arom, Tran Quang Hai, Mireille Helffer, Bernard Lortat-Jacob, Pribislav Pitoeff, et en tant qu'administratrice de la SFE depuis le tout début, Laurence Fayet. 

Encore merci à tous ! 

 

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Cher(e)s collègues et membres de la SFE

Nous apprenons avec tristesse la disparition de Jean-Michel Guilcher qui nous quitte dans sa 103e année le 27 mars 2017. Ce très grand ethnologue de la danse aura traversé le siècle, élève de Miss Pledge, étudiant de Jacques Chailley, ami de Claude Lévi-Strauss et de Constantin Brailoiu, formant plusieurs générations de chercheurs et surtout laissant une oeuvre considérable d'articles et de livres sur les traditions populaires de danse en France. Cette France, en particulier rurale, dont il put observer les profondes mutations et analyser en finesse les évolutions.

Mais c'est surtout son investigation ethnographique intensive en Basse-Bretagne sur plusieurs dizaines d'années qui mérite d'être soulignée ici. Tant par la méthode, la rigueur, la précision et la qualité de ses analyses, sa thèse marque un tournant dans les études ethnologiques sur la danse traditionnelle en Europe mais aussi sur les musiques qui l'accommpagnent. Réédité à plusieurs reprises depuis 1963, l'ouvrage qui s'en suivit, La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne, véritable somme sur mille et une subtilités de la vie majoritairement paysanne d'avant la révolution technologique agricole, a profondément influencé la perception qu'ont les acteurs contemporains de la culture bretonne chorégraphique et musicale. 

J'eus la chance, comme d'autres chercheurs bretons, de bénéficier de son enseignement, d'entendre ses critiques, toujours fondées, et de le voir présider mon jury de thèse à l'EHESS à Paris  en 1988. Puis, il eut la délicatesse d'accepter mes visites et échanges de courriers. Preuve de confiance, il m'accorda un long entretien que nous avons pu publier ensemble dans les Cahiers d'Ethnomusicologie : http://ethnomusicologie.revues.org/1297

Ses travaux et ses conférences marquèrent un grand nombre de chercheurs français et étrangers, notamment les ethnomusicologues qui l'invitèrent à plusieurs reprises dans le cadre de la Société Française d'Ethnomusicologie. Homme discret, peu carriériste, il reçut les honneurs académiques qu'il méritait amplement, notamment sous forme d'Hommages à Grenoble ou à Brest. Au crépuscule de sa vie, Jean-Michel Guilcher nous fit l'honneur à Luc Charles-Dominique et moi-même de nous confier son dernier ouvrage que nous avons édité dans note collection Anthropologie et Musique, chez L'Harmattan: Danse traditionnelle et anciens milieux ruraux français. Tradition, histoire, société, 2009, 318 p.

Une biographie de référence de ce scientifique breton exigeant, d'une parfaite honnêteté intellectuelle et aux grandes qualités humaines, reste à écrire. De même que la traduction en anglais de ses ouvrages majeurs.

Pour l'heure, nos pensées vont d'abord à son importante descendance d'enfants, petits enfants et arrière petits enfants qui ne manquent pas de prolonger son oeuvre incomparable.

Yves Defrance

Sao Paulo, 29.03.17

 

jean michel guilcher 2971841 1

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Le fondateur de l'ethnochoréologie de la France vient de mourir à l'âge de 102 ans. Ce savant discret, d'une incomparable courtoisie, était tout sauf un homme d'appareil et, alors qu'il était un extraordinaire directeur de recherche et un grand animateur de séminaire, il était trop peu rompu au maniement des leviers institutionnels et trop distant des réseaux de sociabilité académiques pour faire durablement école. Ce qu'on doit regretter...


Ses études scientifiques (en SVT...) l'avaient amené à passer au double crible du doute cartésien et de l'analyse historique le répertoire de danses folkloriques qu'il avait appris dans un mouvement d'Éducation populaire. La volonté de confronter ce qui lui a été enseigné à la réalité de la pratique le conduit sur le terrain dès les années de l'Occupation. Sa pratique ethnographique durera près d'un demi-siècle : elle commence par un arpentage systématique de la Basse-Bretagne, quinze ans durant, puis, presque aussi longtemps du Béarn et du Pays basque. Il a encore enquêté, toujours avec sa femme, souvent avec ses enfants, en Berry, en Roussillon, en Vendée, dans les Landes et en Dauphiné, sans oublier sa participation à la RCP Aubrac.


Il laisse une œuvre publiée imposante, admirablement écrite : elle comprend d'abord les deux sommes où il fait bien plus que consigner les résultats de ses ethnographies de la danse traditionnelle bretonne ou basque. Sont venus ensuite un travail purement historique sur la contredanse française, un essai d'ethno-histoire sur  le chant dans la danse et, voici moins de dix ans, un livre de synthèse. Il faut encore prendre en compte les articles, en nombre restreint mais à la pagination généreuse et tout aussi référentiels1.


Guilcher s'est inlassablement employé à démontrer, à partir de la pratique de la danse et du chant, l'autonomie – et non l'autarcie – des « anciens milieux ruraux », qui se sont approprié (ou non) les apports extérieurs et qui maîtrisaient à la perfection l'art de l'assimilation, de la réélaboration et de la variation, ce cocktail que d'autres, mais pas lui, nomment « tradition ». Ces communautés non pas immobiles mais qui se tiennent en position latérale au mainstream, il a dû en constater la fragilisation, le délitement puis l'effacement, y trouvant la justification la plus impérieuse à l'ethnographie d'urgence qu'il a menée aussi loin que possible. C'est un tombeau du peuple créateur, affranchi des élites, qu'il a composé, en humaniste, en pédagogue soucieux d'une maîtrise corporelle qui aide la personnalité de l'enfant à se structurer, ou encore en amateur de « belle danse ».


François Gasnault (IIAC-LAHIC, UMR 8177)

Chers membres et abonnés,

Tous les membres du Comité d'Administration de la Société Française d'Ethnomusicologie vous présentent leurs meilleurs voeux pour l'année 2017 !

Une année qui sera ponctuée par des temps forts que nous serions heureux de partager avec vous. Le programme vous sera prochainement communiqué.

Bien cordialement

L'équipe de gestion de la SFE

Chargée des fonds sonores et audiovisuels à la médiathèque du musée du quai Branly, Claire Schneider a depuis plusieurs années étroitement collaboré avec la SFE.

Depuis 2010, elle a organisé les "Rendez-vous musicaux", un cycle de conférences et de projections pour découvrir, lors de moments d’écoute privilégiés, les musiques du monde, ainsi que les collections musicales du musée. Ces manifestations ont lieu soit au Salon de lecture Jacques Kerchache, soit dans la Salle de Cinéma du musée. C'est une plate-forme importante de diffusion des travaux de nos membres et un moment important dans la collaboration entre le musée du quai Branly et la SFE. Dans ce cadre, elle a notamment organisé une rétrospective des films d'Hugo Zemp.

En 2012, elle a rejoint le CA pour endosser la fonction difficile de trésorière, fonction qu'elle a rempli avec beaucoup de professionnalité et bonne humeur jusqu'en 2014.

Puis, vu ses connaissances et compétences dans le domaine de l'audiovisuel, elle a depuis plusieurs années été la représentante de la SFE au Festival international Jean Rouch, d'abord comme membre du jury international, puis comme membre du comité de sélection.

Depuis le départ du musée de Madeleine Leclair, Claire Schneider était la seule représentante de notre profession au quai Branly.

Claire est décédée dans un accident de voiture le samedi 23 juillet 2016 lors de son départ en vacances.

Elle laisse un très grand vide. Beaucoup d'entre nous l'ont côtoyée soit comme étudiante, soit comme collègue et nous la gardons en mémoire comme une collègue compétente, méticuleuse, enthousiaste et pleine de ressources. Nous présentons nos profondes condoléances à sa famille et soutenons par nos pensées son mari et sa fille.

Ses obsèques ont lieu le mercredi 3 août à 14h30 au Crématorium du Mont-Valérien à Nanterre.

Merci d'envoyer vos témoignages personnels à Renaud Brizard, mailto:renaud.brizard@bnf.fr, qui les transmettra.

Pour le CA, Susanne Fürniss, ex-Présidente de la SFE

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