Vie de la Société

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Gilbert Rouget (1916-2017)

In memoriam

Gilbert Rouget, grand ethnomusicologue français, s'est éteint dans le 8 novembre 2018, à l'âge de 101 ans.

On peut dire sans crainte d'exagérer que Gilbert Rouget fut le fondateur de l'ethnomusicologie moderne en France. Entré pendant la Guerre comme stagiaire au Musée de l'Homme, il avait commencé à travailler avec André Schaeffner au Département d' "Ethnologie Musicale", sur les instruments de musique. A la fin des années quarante, Il prend rapidement conscience de l'importance de l'enregistrement sonore pour l'étude des musiques non européennes et populaires. Il mène alors sa première grande enquête, la mission Ogooué-Congo (1946), dont il rapporte de très nombreuses archives sonores. Dans les années 1950, il créée la première collection de disques 78 tours consacrée en France à l'ethnomusicologie. Entré au CNRS, il fonde en 1968 le Laboratoire d'Ethnomusicologie, toujours au Musée de l'Homme, fournissant ainsi à cette discipline le cadre institutionnel qui lui a permis de s'épanouir. Ayant beaucoup travaillé pour le collectif pendant toute sa carrière (mais ayant aussi écrit des articles nombreux et importants : "Transcrire ou décrire ?", "Ethnomusicologie et représentations de la musique"), c'est surtout peu avant et pendant sa retraite qu'il publie ses oeuvres majeures : La musique et la transe (1980), Un roi africain et sa musique de cour (1996), Afrique musiquante (2014).

Gilbert Rouget nous a laissé en héritage un grand amour de la musique, une curiosité intellectuelle insatiable, une rigueur scientifique sans faille et un grand coeur humain qui non seulement forcent notre admiration, mais aussi nous incitent à suivre son exemple.

Le Conseil d'administration de la SFE a l’immense peine d’annoncer le décès de Gilbert Rouget, survenu dans la nuit du 7 au 8 novembre 2017.

Il comptait beaucoup pour nous et ses travaux ont fortement contribué à la réflexion sur notre discipline.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille.

Le CA de la SFE

Le programme de la 4ème édition du festival

Haizebegi - les Mondes de la Musique

Du 6 au 15 octobre à Bayonne

Projections de films, concerts, conférences, rencontres et débats, ateliers de musique, danse, anthropologie visuelle...

En partenariat avec l'ethnopôle basque, le CNRS, l'EHESS/ Centre Georg Simmel, le Cinéma l'Atalante, le Musée Basque, le BTS Métiers de l'Audiovisuel à Biarritz et de nombreux autres partenaires...

www.haizebegi.eu 

https://fr-fr.facebook.com/haize.begi/

Affiche 

À l'occasion de l'Assemblée Générale du 25 mars 2017, le Conseil d'administration de la Société a souhaité rendre hommage à ses fondateurs, qui constituèrent le tout premier Conseil en 1983. 

Étaient présent-e-s pour cette remise de médailles : Simha Arom, Tran Quang Hai, Mireille Helffer, Bernard Lortat-Jacob, Pribislav Pitoeff, et en tant qu'administratrice de la SFE depuis le tout début, Laurence Fayet. 

Encore merci à tous ! 

 

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Cher(e)s collègues et membres de la SFE

Nous apprenons avec tristesse la disparition de Jean-Michel Guilcher qui nous quitte dans sa 103e année le 27 mars 2017. Ce très grand ethnologue de la danse aura traversé le siècle, élève de Miss Pledge, étudiant de Jacques Chailley, ami de Claude Lévi-Strauss et de Constantin Brailoiu, formant plusieurs générations de chercheurs et surtout laissant une oeuvre considérable d'articles et de livres sur les traditions populaires de danse en France. Cette France, en particulier rurale, dont il put observer les profondes mutations et analyser en finesse les évolutions.

Mais c'est surtout son investigation ethnographique intensive en Basse-Bretagne sur plusieurs dizaines d'années qui mérite d'être soulignée ici. Tant par la méthode, la rigueur, la précision et la qualité de ses analyses, sa thèse marque un tournant dans les études ethnologiques sur la danse traditionnelle en Europe mais aussi sur les musiques qui l'accommpagnent. Réédité à plusieurs reprises depuis 1963, l'ouvrage qui s'en suivit, La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne, véritable somme sur mille et une subtilités de la vie majoritairement paysanne d'avant la révolution technologique agricole, a profondément influencé la perception qu'ont les acteurs contemporains de la culture bretonne chorégraphique et musicale. 

J'eus la chance, comme d'autres chercheurs bretons, de bénéficier de son enseignement, d'entendre ses critiques, toujours fondées, et de le voir présider mon jury de thèse à l'EHESS à Paris  en 1988. Puis, il eut la délicatesse d'accepter mes visites et échanges de courriers. Preuve de confiance, il m'accorda un long entretien que nous avons pu publier ensemble dans les Cahiers d'Ethnomusicologie : http://ethnomusicologie.revues.org/1297

Ses travaux et ses conférences marquèrent un grand nombre de chercheurs français et étrangers, notamment les ethnomusicologues qui l'invitèrent à plusieurs reprises dans le cadre de la Société Française d'Ethnomusicologie. Homme discret, peu carriériste, il reçut les honneurs académiques qu'il méritait amplement, notamment sous forme d'Hommages à Grenoble ou à Brest. Au crépuscule de sa vie, Jean-Michel Guilcher nous fit l'honneur à Luc Charles-Dominique et moi-même de nous confier son dernier ouvrage que nous avons édité dans note collection Anthropologie et Musique, chez L'Harmattan: Danse traditionnelle et anciens milieux ruraux français. Tradition, histoire, société, 2009, 318 p.

Une biographie de référence de ce scientifique breton exigeant, d'une parfaite honnêteté intellectuelle et aux grandes qualités humaines, reste à écrire. De même que la traduction en anglais de ses ouvrages majeurs.

Pour l'heure, nos pensées vont d'abord à son importante descendance d'enfants, petits enfants et arrière petits enfants qui ne manquent pas de prolonger son oeuvre incomparable.

Yves Defrance

Sao Paulo, 29.03.17

 

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