| ethnographiques.org N°19 : Ethnographier les phénomènes sonores |
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| Écrit par christine guillebaud |
| Lundi, 18 Janvier 2010 18:59 |
ethnographiques.org, la revue en ligne de sciences humaines et sociales, publie son dix-neuvième numéro.Coordonné par Dimitri Voilmy et Jean-Christophe Sevin, ce numéro questionne les phénomènes sonores urbains depuis les ambiances de travail jusqu'aux rythmes de créations chorégraphiques ou aux explosions de pétards napolitains. On verra ainsi, ou mieux on "entendra", comment les bruits et les sons peuvent être mobilisés par les acteurs qui en exploitent les propriétés pour organiser leurs conduites.
Le numéro s'ouvre par un entretien avec Jean-François Augoyard à propos de sa pensée de la modalité, appliquée d'abord aux cheminements urbains, puis élargie à ce nouveau domaine du sonore qu'il a largement contribué à développer. Jacques Cheyronnaud propose ensuite le terme d'acounaute pour caractériser notre navigation dans cet univers de sons où nous sommes plongés en permanence. Comment qualifier les événements de cet univers ? Les termes ne sont ici pas neutres : bruits, sons, musiques, survenues acoustiques, interférences sonores, etc., autant de catégories, porteuses, selon les cas, d'identification, de réprobation, de valorisation, d'exigence scientifiqueŠ Dans son ethnographie des feux d'artifice et des pétards de Naples, Olivier Féraud remarque ainsi comment ces pratiques pyrotechniques sont sources de plaisirs esthétiques pour les uns et de nuisances pour les autres, et qu'ainsi l'univers sonore est soumis au jugement social. Claire Buisson inverse quant à elle l'assujettissement classique de la danse à la musique en décrivant le dispositif qu'elle a elle-même créé, et qui permet d'amplifier et de re-modeler les sons des mouvements dansés, et de produire ainsi des performances sonores. Dans une perspective de psychologue clinicien, Gilles Bourlot montre comment le bruit est vécu en terme d' « enveloppe psychique », et comment il constitue un espace transitionnel pour l'enfant dans la période allant des premiers jeux à l'acquisition du langage. S'intéressant aux coordinations que développent les téléopérateurs dans les centres d'appels téléphoniques, Karine Lan Hing Ting et Barbara Pentimalli soutiennent l'idée que l'environnement sonore peut être envisagé en termes de ressources et de stratégies. Julien Morel prend en considération les échanges téléphoniques dans des lieux publics pour détailler comment les interférences sonores peuvent être perçues comme perturbantes, ou se révéler, au contraire, propres à enrichir la conversation. Enfin, Anthony Pecqueux traite des torsions sensorielles (retirer l'oreillette, augmenter le volume) que les auditeurs-baladeurs effectuent constamment pour s'ajuster à la diversité des saillies sonores des milieux urbains. Trois varia concluent ce numéro. Sébastien Stas et Catherine Mougenot étudient la façon dont une race de cochons d'origine belge (les Piétrains) a été construite en offrant une ethnographie des concours agricoles et en reconstituant son histoire au XXe siècle entre élevage familial et industrie agroalimentaire. Ana Lucia Araujo et Francine Saillant s'intéressent à l'usage de différentes catégories (« Noir », « Afro-Brésilien »Š) dans les débats en ligne portant sur l'identité brésilienne. Enfin, l'entretien qu'Howard Becker a accordé à Alain Müller offre une vision très personnelle du dernier ouvrage que le grand sociologue américain vient de publier en français sous le titre Comment parler de la société. Présentation du dossier « Ethnographier les phénomènes sonores » par Dimitry Voilmy Une pensée de la modalité. Entretien avec Jean-François Augoyard par Jean-Christophe Sevin et Dimitri Voilmy Rebuts de sons. "Bruit" comme terme de critique perceptive par Jacques Cheyronnaud
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