Blog humours

Cette rubrique était active durant l'année 2012. Elle recensait différents exemples d'humours sonores, en vue de préparer les Journées d'étude 2012. Il s'agissait principalement de documents qui se trouvaient ailleurs sur internet, et que nous regroupions ici afin de faire naître des parallèles ou des contrastes. Les membres de la Société étaient invités à y poster leurs préférés directement, en les accompagnant d'un commentaire introductif et/ou explicatif.

Dans le prolongement de cette rencontre les Cahiers d'ethnomusicologie publient en 2013 un dossier "Notes d'humour". Celui-ci est accompagné d'exemples audiovisuels présentés dans une rubrique séparée sur cette même plateforme.

... ou les lieux emblématiques de Limoges revisités au son charmeur des emballages "Bijou".

Bon, je sens qu’il va falloir que j’en apporte quelques exemplaires à Eymoutiers…

L'une des conférences de Leonard Bernstein á destinations du « jeune public » portait sur l'humour musical. Elle est découpée ci-dessous en quatre parties de 15 minutes (sans lien avec le contenu).

Bernstein distingue les procédés qui s'appuient sur des sons "non-musicaux" de ceux qui n'utilisent que des "plain old-fashioned notes". Il distingue aussi entre l'humour fondé sur des références extra-musicales (par exemple le vrombissement du moustique) et celui où la musique se prend elle-même pour objet.

Exemples joués:

  • Piston: The Incredible Flutist
  • White: Mosquito Dance
  • Gershwin: An American in Paris
  • Kodaly: Hary Janos
  • Rameau: Le Poulet
  • Gilbert & Sullivan: Pirates of Penzance
  • Haydn: Symphonie No. 88

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

À vrai dire, il n'est pas certain que les exemples de Bernstein illustrent fidèlement son propos. Est-il vraiment pertinent par exemple d'opposer l'«éternuement» repéré dans Hary Janos de Kodáli au vrombissement du moustique dans la composition de White? La différence pourrait être dans le degré d'explicitation, plus que dans le procédé d'imitation lui-même (le moustique est présent dans le titre de la pièce, alors que l'éternuement est une métaphore de Bernstein, peut-être assez imaginative d'ailleurs).

Alors même que le spectateur contemporain pourra être sensible, de manière générale, à ce qui est joué, il n'est pas certain qu'il perçoive de l'humour là où Bernstein le repére. Il pourra sans doute s'en remettre alors à l'autorité du célèbre chef d'orchestre (comme le font probablement la plupart des personnes venues assister au cours). Mais un regard plus anthropologique pourra aussi voir dans cette conférence un exemple de "discours indigène" sur les traits de l'humour musical chez les mélomanes experts de telle tradition, de plus en plus rare et exotique.

Chantées par les musiciens professionnels tsiganes (les lăutari) et appréciées par un public varié, les manele ne cessent d'alimenter les controverses depuis plus de 20 ans. Quel dosage de sérieux et d'(auto)dérision est-il nécessaire pour goûter ce genre musical? Comment la mise en musique affecte-t-elle les paroles des chansons ? Comment comprendre les nombreuses "dédicaces" (dedicaţii) qui accompagnent immanquablent les performances live, et rapportent aux musiciens des "pourboires" (bacşişuri) souvent astronomiques ?

Dans ce morceau lourdement oom-pah-pah, « Lonely boy », extrait d’un concert du groupe autrichien Mnozil Brass, ce qui frappe au début, c’est évidemment le contraste entre l’indifférence souveraine qu’affiche le musiquant et la coordination insolite et de plus en plus complexe dont il fait preuve (cf.3'58). Mais au fur et à mesure que le morceau avance, c’est le côté musicien-en-pièces-détachées qui prend la relève : en fin de parcours, avec l’intervention du magicien bouffon, les instrumentalistes se constituent en une sorte de fanfare mécanique dont ce garçon solitaire est devenu l’élément moteur.

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