Lors d'un concours de Coran, le chantre égyptien (non voyant) Abdallah Kâmil, raconte comment un jour, pendant qu'il dirigeait la prière, un fidèle  fredonnait derrière lui des maqâm de musique profane instrumentale.

En racontant l'anecdote, tout en l'émaillant de la récitation de la sourate al-Fâtiha, le chantre imite ce piètre croyant et, verset après verset, il fait progressivement rire toute l'assistance aux dépens de celui-ci. Cet humour (dans lequel l'auditoire est entraîné quelque peu malgré lui) semble indiquer que le lien technique entre psalmodie sacrée et musique profane n'est plus tout-à-fait un tabou dans la culture islamique du Moyen-Orient, contrairement à ce qu'il était durant les décenniers précédentes. En revanche, cette histoire drôle musicale n'est pas exempte d'une visée apologétique qui vise à démontrer que si les chantres du Coran peuvent être aussi virtuoses que les musiciens profanes, ils n'en conservent pas moins leur supériorité spirituelle grâce à leur maîtrise du message religieux et de la langue sacrée.

Joomla SEF URLs by Artio