Fabricants d'émotion. Musique et malice dans un village tsigane de Roumanie
par Victor A. Stoichita

En Roumanie, les musiciens professionnels tsiganes animent divers événements publics : mariages, baptêmes, enterrements, soirées de restaurants, rassemblements politiques... Parmi les compétences requises, ils citent fréquemment la ruse, la malice ou encore la diplomatie. Certains adoptent une position plus tranchée, affirmant que la musique jouée n'acquiert de réelle qualité que par cette capacité d'insinuation et d'adaptation. Quel rapport peut-il y avoir entre la négociation, le marchandage, la politique villageoise quotidienne, et les affects variés que suscite la (bonne) musique ? Est-ce parce qu'ils sont professionnels que les musiciens portent ce regard sur leur activité, ou parce qu'étant Tsiganes, un stéréotype bien connu leur attribue, de toute façon, un talent inné pour la ruse et la débrouillardise ? Comment les notions classiques de structure, ornement, mélodie et variante s'accommodent-elles de cette pratique où musiciens et auditeurs placent, au centre de leurs préoccupations, l'efficacité émotionnelle ? Pour répondre à ces questions, l'auteur croise enquête ethnographique et analyse musicale, à partir d'un petit village tsigane - Zece Prajini - où les musiciens professionnels sont particulièrement actifs... et bavards. Le texte est prolongé par un corpus important de documents audiovisuels et de clés d'écoute interactives, présentés sur un dvd encarté.
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Théories de l’échelle et pratiques mélodiques chez les Arabes
I : L’échelle générale et les genres Tome 1 : Théories gréco-arabes de Kindi (IXe siècle) à Tusi (XIIIe Siècle)
Le livre a été publié en 2011 chez Geuthner (Société Nouvelle Librairie Paul Geuthner), avec le concours du centre de recherches Patrimoine et Langages Musicaux (PLM), de l’école Doctorale V Concepts et Langages de l’université Paris-Sorbonne, et de la Société Française d’Ethnomusicologie (SFE). |
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Bonne nouvelle: les Cahiers d'ethnomusicologie sont en ligne depuis le 16 février 2012 sur le site revues.org. Il reste encore à installer les vols 1 à 5, mais sinon, le travail est fait.
L'adresse est: http://ethnomusicologie.revues.org
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques si vous repérez des problèmes.
Amicalement à toutes et à tous, Laurent Aubert
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À tue-tête. Chant et violon au pays de l'Oach, Roumanie
par Jacques Bouët, Bernard Lortat-Jacob, Speranta Radulescu
Consacré à une petite population du Nord de la Roumanie, le livre traite d’une musique bien déroutante pour l’oreille occidentale, jouée sur un violon d’une espèce particulière et chantée dans un registre très aigu – une musique dont la structure motivique et la forme “indéterminée” avait déjà intrigué Bela Bartók. Le livre met l’accent sur les procédures analytiques autant que sur le difficile cheminement de l’enquête. C’est ainsi que les contextes musicaux, les formes, les modèles mélodiques et métriques, le jeu instrumental et, plus largement, la raison d’être de la musique, sont progressivement découverts à partir d’intrigues qui se construisent au fil des pages.
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Michel GUIGNARD
Musique, Honneur et Plaisir au Sahara. Musique et musiciens dans la société maure. Paris : Geuthner (2nde édition augmentée d’un ouvrage paru en 1975), 260 p. Y est joint un CD de musique maure: Mauritanie, voie noire, voie blanche. Date de parution : 2005.
- 4e de couverture - Cet ouvrage est le fruit de recherches menées dans les années soixante dans une société bédouine, encore essentiellement nomade, peu touchée par la modernisation. La musique savante des griots et la poésie étaient au coeur de la culture et jouaient aussi un rôle politique essentiel en exaltant l'honneur des chefs par la louange. Saisir la fonction de la musique c'est comprendre certains ressorts fondamentaux de cette société. Voir vivre ce troubadour qu'est le griot au milieu des siens, c'est donner un éclairage, au travers d'un exemple privilégié, sur les relations sociales entre les différentes strates de la société. La musique elle-même surprend par son caractère savant et son degré d'élaboration théorique. L'auteur qui a suivi l'enseignement de plusieurs griots renommés, a réussi à déchiffrer ses principales structures. Il s'agit d'une musique profondément originale, jalon précieux pour comprendre les interactions culturelles dans cette région, au carrefour des mondes arabe, berbère et soudanais. La première édition de cet ouvrage est aujourd'hui une référence incontournable sur le sujet et un élément important dans le développement de l'ethnomusicologie, discipline relativement récente. Le texte initial a donc été conservé intégralement. Quarante ans après, une nouvelle société citadine est née, ouverte aux influences extérieures et les musiciens doivent répondre aux attentes d'un public nouveau. Ils s'y sont adaptés en créant une musique nouvelle, qui reste cependant typiquement maure. C'est l'objet du dernier chapitre de ce livre. Les enregistrements musicaux du disque compact joint au livre, ont été réalisés dans les années soixante auprès de musiciens aujourd'hui disparus. Ils sont commentés en français, anglais et arabe et constituent une illustration précieuse des propos de l'auteur.
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Dossier : Humour et musique
Délai de rédaction : 1er novembre 2012
Si, comme la musique, l’humour se retrouve dans toute société humaine, il se manifeste différemment selon les cultures. Un regard anthropologique sur leurs rapports permet-il de dégager des axes de comparaison ? Il s’agira ici de questionner les manières dont l'humour se construit dans le sonore, et ce que ces constructions ont de particulier. Pour ce faire, on s’intéressera aux pratiques musicales, dans toute leur diversité géographique et culturelle, mais aussi aux différents types de jeux ou techniques sonores comme le bruitage.
Quels sont les procédés utilisés dans le comique musical (parodie, caricatures, ironie, absurde, etc.) ? Comment les auditeurs les identifient-ils ? Existe-t-il des blagues musicales ? Y a-t-il des effets humoristiques typiquement sonores ou encore des répertoires qui entretiennent un lien particulier avec l’humour (musiques « légères », satiriques, etc.) ? Comment se construit l’humour sonore dans son interaction avec d’autres modes d’expression (visuel, gestuel etc.) ? Comment l'humour apparaît-il (ou non) lorsque différentes cultures musicales se rencontrent ?
Autant de pistes que ce volume se propose d’explorer afin de comprendre les différents processus impliqués dans le comique musical. Il présentera une sélection d’articles issus des Journées d’études 2012 organisé par la Société Française d’Ethnomusicologie et réunis sous la coordination scientifique de Christine Guillebaud et Victor A. Stoichita. |
Souffles d'Amazonie. Les orchestres tule des Wayãpi
par Jean-Michel Beaudet
Comment devient-on chef en chantant ? Quand peut-on séduire une jeune fille en jouant de la flûte ? Pourquoi les musiciens d’une fête se font-ils attaquer par le serpent anaconda ? C’est à une véritable mise en scène du souffle que nous convient les Wayãpi lorsqu’ils jouent des tule, ces grandes clarinettes en bambou : alternances de timbres qui renvoient aux principes mêmes des musiques d’Amérique du Sud, jeux entre soliste et groupe qui expriment et produisent des interactions sociales à l’intérieur du village. Les sessions musicales sont relatées de manière concrète, avec les commentaires et les mythes qui s’y rapportent, pour mettre en lumière la façon dont les Wayãpi vivent la musique.
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Christine GUILLEBAUD
Le chant des serpents Musiciens itinérants du Kerala.
Paris, CNRS Editions. Collection Monde indien. Sciences sociales 15e-21e siècle. 384 p. + 1 DVD-rom encarté. Date de parution : 03-07-2008 ISBN : 978-2-271-06510-0 15 x 23 - 384 p., 1 DVD-rom
Présentation de l'éditeur :Officiants de rituels domestiques, chanteurs au porte-à-porte, contractuels à la radio d’Etat, intervenants dans les colloques de musicologie indienne… Les musiciens itinérants du Kerala (Inde du Sud) pratiquent leur art selon des codes mouvants, riches, inventifs, sans cesse redéfinis en fonction des commanditaires, des lieux et des circonstances. Les « services musicaux » qu’ils offrent aux familles de haut statut visent à traiter les maux et les infortunes. Du fait même de leur mobilité, ils sont au cœur des réseaux de patronage qui caractérisent la société indienne. Christine Guillebaud a suivi ces artistes « nomades » dont l’expression musicale emprunte aux formes populaires et sacrées, mêlant instruments, images, concepts, danses, voix, divinités. Une enquête passionnante qui permet de comprendre in situ le processus de création du « chant des serpents ». L’auteurChargée de recherche au CNRS, Christine Guillebaud est membre du Centre de recherche en ethnomusicologie (CREM) du Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie comparative (LESC-CNRS/Paris X) et membre associée au Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS-EHESS/CNRS). Le DVD-rom encarté Ce livre est accompagné d’un DVD-rom présentant de manière thématique une série d’enregistrements sonores, photographies, documents audiovisuels et traductions de chants recueillis au Kerala entre 1999 et 2001. Leur mise en lien multimédia vient compléter et éclairer les analyses proposées dans les chapitres3, 6 et 7 du présent ouvrage. L’utilisateur est invité à découvrir plus de quatre-vingts extraits musicaux et photographies, ainsi que des films et animations multimédia réalisées avec le logiciel «Flash». Le parcours est construit dans une interface comprenant trois chapitres principaux et onze sous-chapitres.
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Dossier : La vie d’artiste
Délai de rédaction : 1er décembre 2011
« La vie d’artiste » envisagera le statut social du musicien, et plus particulièrement du musicien professionnel. Dans certaines sociétés, ce statut est reconnu de longue date, et il fait l’objet de codifications qui déterminent son rôle, ses prérogatives et ses devoirs ; en d’autres cas, la professionnalisation de l’activité musicale est une donnée récente, qui s’est imposée sous l’influence de divers facteurs : nouveaux contextes de performance, nouveaux débouchés, tournées à l’étranger, tourisme, médiatisation...
Dans quelle mesure la professionnalisation de l‘activité du musicien influence-t-elle les divers paramètres de son expression : les répertoires, les contenus esthétiques, les attitudes des musiciens, leur rapport aux auditeurs, etc. ? Ce dossier propose d’examiner ces questions à partir d’une série d’études de cas et de réflexions générale sur la musique dans un contexte marqué par l’interculturalité, le syncrétisme et la mondialisation des marchés. |
La médecine de l'âme. Le chant de Sanaa dans la société yéménite
par Jean Lambert
Le chant de Sanaa (al-ghinâ al-san’ânî ) est la tradition musicale citadine la plus classique du Yémen, et la plus ancienne de la Péninsule arabe. Au cours du cérémonial du magyal, qui réunit les hommes autour de la consommation du qat, ainsi que pendant les veillées de mariage, samra, la musique entretient la contemplation poétique et la convivialité. Alors qu’au Yémen la musique est sévèrement tenue en suspicion, le plaisir musical favorise une inventivité qui défie les valeurs religieuses et le code de l’honneur, offrant au corps social un moyen privilégié de renouvellement. C’est en ce sens que, pour les Yéménites, elle est une “médecine de l’âme”.
Pour plus de renseignements, rendez-vous au Comptoir des presses d'universités. |
Simha AROM. La boîte à outils d'un ethnomusicologue. PU Montréal, 420 p. Date de parution : 02-05-2008 Textes réunis et présentés par Nathalie Fernando.
Présentation de l'éditeur : Si l'intérêt pour les musiques exotiques date de plusieurs siècles, ce n'est qu'au XXe siècle que naîtra l'ethnomusicologie en tant que véritable discipline combinant la collecte des musiques traditionnelles et des méthodes d'analyse dans une perspective comparatiste. Parmi les ethnomusicologues de notre époque, Simha Arom est une figure de proue. Renommé pour ses travaux sur les musiques d'Afrique subsaharienne, sa vocation d'ethnomusicologue naît en 1963, lorsqu'il pose pour la première fois les pieds sur le sol centrafricain. Cet homme de terrain infatigable demeurera fasciné par la musique, les modes de vie et les traditions de l'Afrique Noire, qui sera l'objet de sa passion ethnomusicologique pendant plus de quarante ans. Les étudiants en musique et les musicologues trouveront ici un florilège de ses articles les plus emblématiques où son enseignement et sa quête scientifique sont synthétisés. Ils pourront y découvrir une approche rigoureuse et des outils méthodologiques novateurs, des analyses et des mises en contexte éclairantes. Ils y trouveront aussi une riche palette thématique de nature anthropologique, musicologique, ethnomusicologique, parfois philosophique. Tel que l'indique son titre, l'objectif de cet ouvrage est de mettre à leur disposition une " boîte à outils " qui leur permettra de se familiariser avec la discipline ou de réfléchir à ses problématiques et ses principaux enjeux.
Biographie de l'auteur Simha Arom est notamment l'auteur de Conte et chantefables ngbaka-ma'bo (République centrafricaine) (1970, Selaf), Les mimbo, génies du piégeage et le monde surnaturel des Ngbaka-Ma'bo (République centrafricaine) (1975, Selaf) et African Polyphony and Polyrythm. Structure and Methodology (1991, Cambridge University Press). Il a également écrit une centaine d'articles en ethnomusicologie, conçu plus de 30 disques et CD de musiques traditionnelles (République centrafricaine, Bénin, Cameroun, Niger, Grèce, Israël) et réalisé plusieurs films.
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